Occitanie : plusieurs ponts routiers dont l'état est “altéré”

Viaduc des Cluses, Pyrénées-Orientales - 6 Décembre 2017 / © France 3 LR
Viaduc des Cluses, Pyrénées-Orientales - 6 Décembre 2017 / © France 3 LR

Existe-t-il des ponts à risques dans notre région ? La question se pose après l'effrondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn. La France avait fait un bilan après l'accident de Gênes (Italie) qui avait fait 43 morts en Août 2018. 4 ouvrages en Occitanie nécessitaient des travaux.

Par Valérie Luxey

Après l'effondrement du pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, des questions se posent sur l'état de certains ouvrages.
Y-a-t-il des ponts dangereux ? Au moins une personne a trouvé la mort dans l'accident à Mirepix-sur-Tarn.
 


Un bilan avait été effectué en Août 2018 après l'effondrement du pont de Gênes en Italie.

Selon une liste rendue publique le 26 septembre 2018 par le ministère des Transport, 23 ponts français avaient besoin de travaux en priorité, même si le gouvernement s'est voulu rassurant sur leur sécurité. Cet audit avait été commandé dans la foulée de la catastrophe de l'effondrement du pont autoroutier de Gênes (Italie), qui a fait 43 morts, dont 4 Français, le 14 août dernier.


4 viaducs occitans et catalans concernés


Parmi ces ouvrages, 4 ponts d'Occitanie sont classés dans la catégorie 3, celle des "ouvrages dont la structure est altérée et nécessite des travaux de réparation, sans caractère d'urgence". Il s'agit du viaduc de l'Arrêt-Darré, sur l'A64 dans les Hautes-Pyrénées, mis en service en 1989, du viaduc du Gardon sur l'A9, au-dessus de la rivière du même nom, dans le Gard Rhodanien, mis en service en 1972 et surtout des viaducs des Pox et de Calcine, à hauteur de la commune des Cluses, sur l'A9 également, dans les Pyrénées-Orientales, mis en service en 1976.
 

Un "déplacement" de 30 centimètres en décembre


Sur cette dernière portion, située entre Le Boulou et la frontière espagnole, des travaux d'élargissement de 2 à 3 voies de l'autoroute sont en cours. En décembre dernier, le tablier de ce même viaduc des Pox, en plein travaux, s'était déplacé de 30 centimètres.


Un classement en 5 catégories

   
Le listing classe l'état des ouvrages en 5 catégories, du 1 "très satisfaisant" aux 3 et 3U, nettement plus préoccupants. L'idée est d'évaluer le niveau des réparations nécessaires et leur degré d'urgence, mais "ne traduit pas de risque de sécurité", selon le ministère, qui précise que le réseau "est vraiment sous surveillance renforcée".
    

Le viaduc de Millau classé hors catégorie


Toutefois, en cas de problème, les autorités n'hésiteront pas à limiter la vitesse ou le poids des véhicules autorisés, voire à fermer préventivement lesdits ouvrages. Le viaduc de Millau, sur l'autoroute A75 dans l'Aveyron, est considéré comme en très bon état, même s'il a été classé hors catégorie.
    

Des défauts "mineurs" pour la plupart


La plupart des ponts tombent dans la catégorie 2, avec des "défauts mineurs", ou 2E, c'est-à-dire avec des "risques d'évolution des désordres" qui "peuvent à court terme affecter la structure". Quant à la catégorie 3U , elle comprend 2 "ouvrages dont la structure est gravement altérée et nécessite une intervention urgente", à savoir le viaduc d'Echinghen, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) sur l'A16, et celui de Caronte, sur l'A55 à Martigues (Bouches-du-Rhône). Ces 2 ponts sont en travaux.
 

Travail encore à mener avec les collectivités


Cette classification des ouvrages peut apparaître une peu datée, les visites d'évaluation ayant lieu tous les 3 ans en moyenne, en supplément des contrôles annuels et des inspections détaillées tous les 6 ans.
Concernant les très nombreux ponts entretenus par les collectivités, le ministère dit être en contact avec elles "pour voir si elles ont bien toutes les ressources pour faire les diagnostics sur ces ouvrages", avant de "réfléchir avec elles sur les moyens de remettre en état, le cas échéant, ces ponts".
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus