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Occitanie : la présence discrète de Debout La France et du Front National au sein du mouvement des gilets jaunes

Des militants du Rassemblement National et de Debout La France sont très actifs dans le mouvement des "gilets jaunes". / © Max PPP
Des militants du Rassemblement National et de Debout La France sont très actifs dans le mouvement des "gilets jaunes". / © Max PPP

Les membres des "gilets jaunes" viennent de la gauche et de la droite. Ils sont anarchistes, patrons, étudiants ou salariés. En Occitanie, le Rassemblement National et Debout La France soutiennent les actions menées depuis le 17 novembre 2018. Une démarche "apolitique" selon les deux partis. 

Par Sylvain Duchampt

Patrons, employés, complotistes, apolitiques, de gauche ou de droite :  les profils au sein des « gilets jaunes » sont très différents.

En ce samedi matin, une cinquantaine d’entre eux est venu bloquer la circulation de l’autoroute A68 dans les deux sens, à hauteur de la petite ville tarnaise de Gaillac.
Devant le tas de terre et les pneus déposés durant la nuit pour empêcher la moindre voiture de passer, une manifestante lâche, d’un coup, dans la conversation : « Ils prennent notre travail. Il y a la guerre dans leur pays mais nous nous sommes battus durant la guerre. Eux ils viennent en France, ils ont tout, des salaires, des alloc’, des maisons, tout ce qu’il faut mais cela ne leur plait pas. A un moment donné, ça va ! »
Personne ne réagit et la discussion suit son court. Une fois terminée, une Marseillaise est entonnée.
Depuis le 17 novembre dernier, l’extrême droite ne se cache pas au sein des « gilets jaunes ».
 
Le samedi 17 novembre, Frédéric Cabrolier (au centre) et Julien Bacou (à droite) du Rassemblement National participent à la mobilisation des "gilets jaunes" sur Albi / © France 3 Occitanie / Capture d'écran Facebook
Le samedi 17 novembre, Frédéric Cabrolier (au centre) et Julien Bacou (à droite) du Rassemblement National participent à la mobilisation des "gilets jaunes" sur Albi / © France 3 Occitanie / Capture d'écran Facebook


A 20 kilomètres de là, l’accès à la rocade d’Albi (Tarn) est bloqué.
Sous le pont du Séquestre, munis d’un drapeau tricolore et des gilets de circonstance, un petit groupe pose fièrement sous une banderole « Macron Démission ».

Parmi-eux, le conseiller régional du Rassemblement National, Frédéric Cabrolier, et le tout nouveau délégué départemental du RN 81, Julien Bacou.
Une présence que n’apprécie pas la figure du mouvement à Albi : « Ils ont essayé de se faire de la pub avec notre mobilisation, explique Guillaume Oser. Nous leur avons expliqué que nous n’acceptions pas de propagande sur nos sites, quel que soit le parti politique ou le syndicat. »
La position est d’autant plus tranchée que Guillaume Oser s’est retrouvé à gérer une situation compliquée « Lorsque nous avons pris l’échangeur du Séquestre, nous avions sécurisé les lieux pour qu’il n’y ai aucun dérapage et pas de violence. Très rapidement, une trentaine d’extrémistes de droite, dont certains bourrés, ont voulu changer la tendance du mouvement et ont commencé à s’en prendre aux véhicules qui passaient, en frappant dessus. Nous avons dû organiser un service d’ordre musclé pour les écarter. Les forces de l’ordre nous ont d’ailleurs félicité pour la façon dont nous avons géré le problème. » 
 
Le délégué de Debout La France de Haute-Garonne, Damien Jeanne, est très présent sur le terrain aux côtés des "gilets jaunes". / © France 3 Occitanie / Copie d'écran Facebook
Le délégué de Debout La France de Haute-Garonne, Damien Jeanne, est très présent sur le terrain aux côtés des "gilets jaunes". / © France 3 Occitanie / Copie d'écran Facebook

Damien Jeanne est secrétaire départemental de Haute-Garonne pour le parti Debout La France depuis septembre et un membre très actif des « gilets jaunes ».
Depuis le 1er jour de la mobilisation, le militant du parti de Nicolas Dupont Aignan n’hésite pas à partager sur les réseaux sociaux les publications du porte-parole de la mobilisation sur Toulouse qui serait également adhérent à DLF, Benjamin Cauchy, et à se démultiplier sur le terrain « Je repars de BLAGNAC et pars à Labège. J’étais à St Gaudens ce matin à 7h . » commente-t-il sous une photo de son profil Facebook siglé DLF.

Le secrétaire départemental y pose en gilet jaune sur un point de blocage. « Je participe aux « gilets jaunes » comme simple citoyen et non en tant que membre de Debout la France, nous précise-t-il. D’ailleurs sur le terrain, je n’évoque jamais mon appartenance à cette organisation politique. » Mais la casquette militante n’est jamais très loin. « Je me suis déplacé sur plusieurs lieux d’actions car DLF a demandé à nos adhérents d’y participer. Je suis allé à leur rencontre en tant que secrétaire départemental. Il faut savoir qu’il n’y a aucune récupération de notre part. Notre soutien aux automobilistes n’est pas récent puisqu’il date de 2006 et de la privatisation des autoroutes.» Preuve de sa bonne foi : « j’ai d’ailleurs organisé mardi 27 novembre, comme vous pourrez le constater sur la page Facebook de Debout La France 31, un apéro-débat dans un bar toulousain. L’idée est d’inviter tout le monde afin de discuter, sans esprit partisan, des « gilets jaunes ». C’est un rendez-vous qui se veut apolitique»


Même arguments. Même mots du côté du délégué Debout La France du Tarn-et-Garonne. Franck Buhler est l’un des initiateurs des « gilets jaunes ».
Il a été l’un des premiers en France à appeler à manifester le 17 novembre 2018 pour protester contre la hausse des taxes du gouvernement.  « J’ai lancé les appels sur Facebook en tant que simple citoyen, assure-t-il. Ce mouvement (des « gilets jaunes ») est apolitique. DLF a été le 1er parti politique à appeler à le soutenir mais il n’est pas le seul. Il y a eu la France Insoumise, le Parti Socialiste, Les Républicains. »

L’ancien journaliste de 53 ans insiste : « Les hommes politiques sont aussi des citoyens. S’ils veulent participer aux manifestations, ils en ont le droit mais pas avec une écharpe tricolore, pas en tête, pas en prenant la parole. Simplement comme simples citoyens.. Ce ne sont pas des citoyens de seconde zone. Je parle pour tous les gens. Ceux qui ont des cartes, ceux qui ont des opinions politiques ou ceux qui sont députés ou qui sont maires, peu importe. » 
 
La vidéo de l'ancien élu FN de Mazamet (Tarn) Stéphane Gallois a été vue par près de 4 millions de fois. / © France 3 Occitanie / Capture d'écran Facebook
La vidéo de l'ancien élu FN de Mazamet (Tarn) Stéphane Gallois a été vue par près de 4 millions de fois. / © France 3 Occitanie / Capture d'écran Facebook

Une philosophie appliquée à la lettre par Stéphane Gallois, alias Stéphane Gatekeepers MC sur Facebook . La vidéo où cet infirmier installé en Corse explique, avec une verve très imagée, sa façon de penser au Président de la République et au gouvernement, a réalisé un carton. Près de 4 millions de vues en trois joursUn buzz  inattendu, pour celui qui fut élu du Front National à Mazamet dans le Tarn, et bien entendu totalement « apolitique ».
 

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