Occitanie : tensions entre passagers, manque de places dans les trains, c'est la galère de voyager avec un vélo

illustration / © FRANCOIS DESTOC/MAXPPP
illustration / © FRANCOIS DESTOC/MAXPPP

La rentrée, c'est la saison propice aux déplacements à vélo et depuis quelques jours, les cyclistes sont de plus en plus nombreux dans les trains, notamment dans les TER. Mais transporter son vélo s'avère parfois compliqué et peut même créer des tensions entre les passagers. Reportage à Montpellier.

Par CB, CN, ST


Depuis quelques jours, la grogne monte sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Plusieurs cyclistes expliquent avoir été obligés de rester à quai avec leur vélo, faute de place dans les trains et TER. Idem en ville, dans les tramways souvent bondés.
 


Qu'en est-il en Occitanie ?

Souvent la galère commence à peine arrivé à la gare, il faut pouvoir accéder au quai puis au train. Si comme à la gare de Montpellier Saint-Roch, les voies sont situées à l'étage, il faut porter son vélo dans les escaliers ou dans les escalators. Autre possibilité, utiliser l'ascenseur... si votre vélo rentre à l'intérieur. Car tous les deux-roues ne passent dans les ascenseurs SNCF, certains sont trop longs.

Une fois sur le quai, aucune indication sur les panneaux qui affichent la composition des trains pour savoir où se trouve la porte du TER correspondant au rangement des vélos. Même soucis pour les Intercités, où un seul wagon permet de stocker les vélos en toute sécurité.

Un agent SNCF nous explique même qu'il ne connait pas à l'avance la voiture où sera situé l'emplacement pour les vélos : "Ce sera soit en tête du train, soit en queue !", en fonction de la composition de la rame. Pratique !


Seulement 6 emplacements dans un TER

Dans le TER entre Nîmes et Montpellier, par chance pour les cyclistes, le train n'est pas bondé ce jour-là,  mais très vite les habitués de la ligne comme Sandra explique qu'il est parfois compliqué d'embarquer son vélo dan le train.
 

On manque de place ! Il y a seuleument 6 crochets. C'est vraiment pas pratique, il faut porter le vélo pour l'accrocher, c'est encore plus dur avec un vélo électrique plus lourd" Sandra. 


Axel, un autre utilisateur du vélo dans le train au quotidien ajoute : "En plus, il y a des strapontins sous les crochets alors quand certaines personnes sont assises ici il faut leur demander de changer de place. Ca peut créer de vraies tensions".
 


Service gratuit ou payant... selon les trains !

Autre problème, les tarifs vélo sont différents selon le train que vous utiliser. Pour un voyage entre Béziers et Narbonne par exemple, le trajet avec votre vélo est gratuit si vous prenez un TER (géré par la région) mais il vous en coûtera 10 euros en tran Intercités (géré par la SNCF).  

Mais le problème majeur reste le nombre d'emplacements dans les trains. 

Il y a quelques semaines, la région Occitanie inaugurait des nouveaux TER. Capacité d’accueil jusqu’à 500 passagers mais pour les vélos toujours 6 emplacements.
Selon Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie en charge des transports ce constat est regrettable. 


C'est Bombardier, le constructeur du TER qui détermine le nombre d'emplacements. Bien sûr que ce n'est pas assez, je suis d'accord. C'est pourquoi nous réfléchissons à une solution pour soutenir l'achat d'un deuxième vélo tout en favorisant la création de parking sécurisé" Jean-Luc Gibelin. 


De grands parkings sécurisés ?

Pour l’association vélocités, très active à Montpellier, les projets de parkings fermés doivent se multliplier rapidement près des gares. Car la peur de se faire voler son vélo est l'un des facteurs qui rebutent le plus les gens à utiliser une bicyclette.
 

Quand on achète un vélo électrique qui coûte plus de 1.000€, on ne veut pas se le faire voler ! Il faut créer de grands parkings avec plusieurs centaines de places-vélos. Si on fait cela, les gens n'auront pas le stress de savoir s'ils vont trouver un emplacement ou pas" Nicolas Le Moigne, association vélocités Montpellier.
 

L'Occitanie est une région en retard sur le sujet par raport à d'autres pays comme les Pays-Bas. A Utrech, une ville de 300.000 habitants comme Montpellier, on inaugurait en août, un parking à vélo de 12.500 places.
 

Vélo et tramway... oui... mais hors des heures de pointe


Vous pouvez voyager avec votre vélo dans les trams, c'est autorisé et gratuit. Mais attention, les chartes de transport en commun précisent souvent qu'on peut le faire mais hors des périodes de forte affluence, s'il y a de la place et sans déranger les autres usagers. Sans parler qu'aucun espace n'est réellement prévu pour cela.

Donc, cyclistes urbains, bon courage !
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus