Pour des virologues toulousains, le couvre-feu à 18 heures censé freiner la propagation du COVID, a eu l'effet inverse

Un couvre-feu à 18 heures contre-productif. C’est ce que révèlent  les chercheurs du laboratoire de virologie du CHU Toulouse. Selon eux, sur l’aire urbaine toulousaine,"le couvre-feu a eu l’effet inverse, il y a eu une augmentation du nombre de personnes testées positives".

Depuis mars 2020, les chercheurs de l’Institut Fédératif de Biologie du CHU Toulouse Purpan, modélisent l’évolution de la dynamique virale sur l’aire toulousaine. En fonction du pourcentage de tests positifs par jour, ils observent l’impact des mesures sanitaires mises en place. Dans cette étude, ils ont mis en lumière que le couvre-feu imposé à 18 heures avait eu l’effet inverse de celui qui était attendu. Selon Chloë Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Purpan, le couvre-feu à 18 heures a été contre-productif. Selon les derniers chiffres données ce jour par l'hôpital Purpan, le nombre d'hospitalisation est passé de 125 à 159 en une semaine dont 22 personnes en réanimation et 28 en soins intensifs et continus.

Le couvre-feu à 18 heures au lieu de décaler l’arrivée d’un pourcentage de tests positifs (seuil de 10%), ce seuil dans le temps a au contraire avancé. Cela signifie pour nous que l’effet du couvre-feu à 18 heures a été l’inverse de celui qui était attendu. Il y a eu une augmentation du pourcentage de personnes testées positives sur l’ensemble de l’aire urbaine.

L’étude a pris en compte les précédentes mesures mises en place lors de la période des fêtes de fin d’année et du relâchement sur l’ensemble de l’aire urbaine toulousaine. Début février, les chercheurs s’attendaient à atteindre 10%  de tests positifs. Ils comptaient aussi sur la mesure du couvre-feu à 18 heures, censée contraindre la diffusion du virus pour décaler ce seuil de 10% à la mi-février. En raison du couvre-feu, les gens se sont retrouvés plus nombreux sur des créneaux plus serrés dans les commerces et grandes surfaces.

Ce que l’on observe c’est que le taux de 10% de tests positifs a été atteint non pas plus tard mais entre le 20 et le 24 janvier sur Toulouse. Ce qui signifie qu’au lieu d’avoir un effet de contrainte sur la dynamique du SarsCOV2 dans l’aire urbaine toulousaine, la mesure du couvre-feu a eu l’effet inverse.

Chloë Dimeglio, biostatisticienne laboratoire de virologie CHU Toulouse

Confinement et vaccination  : seules mesures pour casser la dynamique virale

Selon Chloë Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Purpan, les deux précedents confinements mis en place et le port du masque obligatoire sont des mesures qui ont eu une incidence sur la diffusion du virus auprès de la population. Mais selon elle,

Les deux seules mesures qui permettraient de casser la dynamique virale, pas uniquement de contraindre, c’est un confinement. On l’a vu à deux reprises, avec les confinements, stricts ou plus légers comme en novembre dernier. Et puis il y a aussi la vaccination,  le vaccin à large échelle de la population permet de contraindre voir de casser la dynamique virale.

 

Les hôpitaux toulousains sont sous tension mais la cellule de crise permet au corps médical de s'adapter et d'ajuster le nombre de lits disponibles si une grosse vague de patients hospitalisé arrive.

 

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