Première mondiale chirurgicale : un nez reconstruit avec de la peau du menton

Habituellement, c'est un morceau de peau du front qui est prélevé pour reconstruire un nez / © GROUILLE PIERRE-JEAN
Habituellement, c'est un morceau de peau du front qui est prélevé pour reconstruire un nez / © GROUILLE PIERRE-JEAN

Le CHU de Toulouse a reconstruit le nez d'un patient à partir de la peau de son menton. Une technique chirurgicale réalisée pour la première fois au monde. C'est un succès : un an après le patient respire normalement. 

Par Yaël Benamou

Il y a plus d’un an, un Toulousain septuagénaire se présente au CHU de Toulouse. Il a un cancer de la peau et doit subir une reconstruction du nez.
Problème : la technique classique qui consiste à prélever de la peau du front ne peut être réalisée car le patient a à cet endroit des tumeurs cutanées.

Le Docteur Guillaume de Bonnecaze et le Professeur Benoît Chaput décident de mettre au point une nouvelle technique à partir d’un prélèvement de la peau du menton.
« C’est important de dire que dans ce cas-là, nous n’avions pas le choix. On se disait que c’était possible mais cette technique n’avait jamais été réalisée auparavant » raconte le Docteur Guillaume de Bonnecaze.

Une opération innovante

Les deux chirurgiens ont l’idée de prélever la peau de pli sous-mentonnier. L’opération consiste à relever la peau et la passer au-dessus du menton et des lèvres pour recouvrir le nez.
 
L’opération consiste à relever la peau (délimitée ici en violet) et la passer au-dessus du menton et des lèvres pour recouvrir le nez. / © CHU de Toulouse
L’opération consiste à relever la peau (délimitée ici en violet) et la passer au-dessus du menton et des lèvres pour recouvrir le nez. / © CHU de Toulouse


Le défi est grand : cette zone nécessite une revascularisation une fois posée sur la zone receveuse. C’est-à-dire que l’intervention chirurgicale doit aussi rétablir la circulation sanguine entre les deux parties. Ce n'est pas le cas lorsque l’on prélève un lambeau frontal qui reste lui, vascularisé.

Les deux médecins ont dû « détourner » deux vaisseaux sanguins, chacun de la taille d’un cheveu, car ils étaient toujours « branchés » à leurs artères nourricières.
Trois semaines plus tard, la vascularisation est redevenue autonome.
 

Une première mondiale au CHU de Toulouse

Aujourd’hui, la vie du patient a changé, Il n’a plus de tumeurs douloureuses sur le nez.
Il respire normalement et son nouveau nez ne présente aucune cicatrice.

L’enjeu était de permettre au patient de retrouver une qualité de vie normale, d’un point de vue esthétique et d’un point de vue médical 

Une réussite et une première mondiale publiée dans la prestigieuse revue scientifique Head & Neck :

Avant toute déclaration officielle, nous parlions d’innovation. Nous attendions que la publication soit validée d’un point de vue international. Maintenant, c’est officiellement une première mondiale .


Le Docteur Guillaume De Bonnecaze ne compte pas proposer cette nouvelle technique plus périlleuse systématiquement, mais comme une alternative si un nouveau cas se présente.
 

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