La question des nuisances sonores de l'aéroport de Toulouse fait de plus en plus de bruit

La préfecture a annoncé le lancement d'une "étude d'approche équilibrée", définie par un réglement européen, pour atténuer les nuisances sonores générées par le trafic aérien de l'aéroport de Toulouse. Des nuisances dont se préoccupent des acteurs de plus en plus nombreux.
© Max PPP
La question des nuisances sonores de l'aéroport de Toulouse Blagnac, troisième aéroport régional français, enclavé dans l'agglomération, au trafic en constante augmentation, préoccupe de plus en plus d'acteurs.

La région et le département financent un observatoire indépendant des nuisances sonores


Lundi, ce sont le conseil régional d'Occitanie et le conseil départemental de Haute-Garonne qui annonçaient avoir décidé de mettre en place courant 2020 des capteurs sonores autour de l'aéroport de Toulouse-Blagnac pour surveiller les nuisances et transmettre les données mesurées au public sur un site en temps réel et en toute transparence. Une annonce faite pour répondre aux inquiétudes des riverains qui contestent la fiabilité du système Sentinelle qui mesure déjà les nuisances sonores de l'aéroport, mais qui est géré...par le gestionnaire de l'aéroport. Toulouse Métropole aurait pour sa part refusé de co-financer le nouveau dispositif indépendant de surveillance des nuisances sonores.


A la suite d'une réunion vendredi avec les élus de l'agglomération, des représentants de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et de ceux Airbus Industries, c'est au tour des services de l'Etat d'indiquer vendredi soir "à la demande du préfet, le lancement d'une étude d'approche équilibrée sur la plateforme" aéroportuaire. "L'objectif de cette démarche, définie par un règlement européen, vise à permettre une maîtrise et une atténuation des nuisances sonores générées par le trafic aérien", explique la préfecture dans un communiqué. 

Lors de cette réunion, les deux projets d'expérimentation de modifications de trajectoires vers le Sud et vers le Nord, en cours depuis mai, ont été abordés.

L'expérimentation vers le Nord, proposée à la suite d'une demande d'une association locale et de l'Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires (ACNUSA), vise à atténuer les nuisances environnementales générées par les avions au décollage. A la suite d'une enquête publique, le commissaire enquêteur a émis un avis favorable à la modification de cette trajectoire nord assorti de réserves et de recommandations.
               
Quant à l'expérimentation vers le Sud, elle vise "pour des raisons de sécurité, à la mise en place de nouvelles procédures de départ, fondées sur un nouveau mode de guidage (positionnement par satellite), qui limiteront les variations de trajectoires".
               
Cette deuxième expérimentation fait l'objet, selon la préfecture, de "plusieurs ajustements avec pour objectif est de concentrer les flux sur la Garonne et d'améliorer l'impact environnemental sans dégrader les gains obtenus en termes de sécurité".

Beaucoup de bruit pour rien pour le moment selon le Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine


L'annonce de la préfecture a suscité une réaction mitigée du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine (CCNAAT).

Si sa présidente Chantal Beer-Demander se réjouit de "la prise en main directe par le préfet de la question des nuisances sonores", elle demande que ce dernier "s'impose véritablement les règles d'une approche équilibrée". "Il faut pour cela arrêter l'expérimentation vers le sud", estime-t-elle, "mettre à jour les cartes de bruit, et mettre en place un cahier des charges précis".

Dans un communiqué publié samedi soir, le CCNAAT "s'insurge contre le fait que cette étude [d'approche équilibrée, NDLR] soit "portée par l'aéroport Toulouse-Blagnac"" "Comment un opérateur privé (que ce soit Casil Europe ou Eiffage) peut-il être porteur d'une approche "Equilibrée" quand ses nénéfices peuvent être mis en jeu ?", s'interroge le Collectif pour qui "seul l'Etat et les élus peuvent être garants d'équilibre". Les "services de l'Etat" en prennent au passage pour leur grade. Pour le Collectif, "l'expérience récente nous a permis de constater qu'ils savaient parfaitement prendre en compte les intérêts de l'aéroport et des compagnies aériennes mais beaucoup moins le respect des engagements pris par rapport aux populations".

 
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