Une stèle en mémoire des femmes victimes de violences inaugurée à Toulouse

© Thierry Villeger/France 3 Occitanie
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A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une stèle en hommage aux femmes battues a été inaugurée samedi à Toulouse.

Par VA.

Alors que se déroule la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et que des manifestations ont lieu dans toute la France, secouée, comme le monde entier, depuis plusieurs semaines par l'onde de choc du scandale Weinstein, Toulouse a dévoilé samedi une stèle en mémoire des femmes victimes de violences machistes.

La stèle mentionne symboliquement le prénom de Sarah, "une victime toulousaine, un prénom multiculturel qui personnifie le combat et interpelle le public sur l'intime pour mieux le sensibiliser", indique la mairie dans un communiqué.

Sarah, dont la mère et la soeur étaient présentes lors de la cérémonie, est décédée à l'âge de 19 ans. L'autopsie avait révélé qu'elle avait reçu plusieurs dizaines de coups, selon un dossier du collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes, à l'origine de cette stèle. 

"Ce qui est important aujourd'hui, c'est que cette stèle s'inscrit dans l'espace public", explique Françoise Courtiade, membre du collectif. "Elle rappelle à chaque moment, à chaque passant, que chaque jour la violence machiste tue".

"Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint", a souligné le maire Jean-Luc Moudenc dans son discours. "Il s'agit de ne pas oublier, de ne pas laisser s'installer l'indifférence, et d'inviter les uns et les autres à l'action, à la vigilance et à l'éveil des consciences", a-t-il dit.

"Le risque, c'est la banalisation, et contre ça, une plaque, même symbolique, donne de la visibilité dans le cadre de ce combat et le combat plus large, celui de l'égalité entre les femmes et les hommes", a-t-il poursuivi.

"Il va falloir parler de féminicide", a affirmé pour sa part Emilie Teyssedre, du collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes, rappelant que 123 étaient mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, en 2016, et 117, à cette date, en 2017.

"Je vous en supplie", a lancé pour sa part, au micro, la maman de Sarah, Carole Elicha Giraud. "Quand vous entendez crier vos voisins, n'ayez pas peur de dénoncer. Le silence tue".

A l'issue des discours, 117 bougies ont été allumées au pied de la stèle.

© Thierry Villeger/France 3 Occitanie
© Thierry Villeger/France 3 Occitanie

Installée allées Frédéric Mistral, elle doit être, en même temps que le Pont Neuf, illuminée à la tombée de la nuit en orange, couleur officielle de la journée, rebaptisée Orange Day depuis 2014 par les Nations Unies. 

En vidéo, le reportage d'Emmanuel Wat et Thierry Villeger sur les manifestations dans les rues de Toulouse qui ont par ailleurs marqué la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes :
Les revendications des femmes dans la rue à Toulouse
Pour la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, les revendications se sont faites entendre dans la rue




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