Top 14: le déclin de l'empire toulousain ?

Le Stade Toulousain, bâtisseur à l'échelle du rugby d'un véritable empire sportif et financier, a chuté contre le Racing-Métro (21-16) vendredi en barrage du Top 14, laissant entrevoir un déclin après une saison en demi-teinte et une absence incongrue en demi-finale.

Bouscatel et Novès, ils ont construit une référence
Bouscatel et Novès, ils ont construit une référence © MaxPPP
Pour la première fois depuis 1994, Toulouse sera absent du dernier carré du Championnat de France: un tremblement de terre dans le rugby français.
Le président Jean-René Bouscatel, au pouvoir depuis 1992, et le manager Guy Novès, en poste depuis 1993, ont construit une référence. Le premier a posé les briques, grâce à un modèle économique innovant capable de fournir, cette saison encore, le premier budget du Championnat de France (35,4 millions d'euros), malgré un déficit de près de 300.000 euros la saison passée.
Le second a rempli les pièces de trophées, avec neuf titres de champions de France et quatre d'Europe, imposant même une pax tolosa de 1994 à 1997 avec quatre titres.

Les limites du Stade
Mais, vendredi soir, l'exercice 2013-2014 s'est achevé comme le précédent, sans aucun titre, après les deux sacres de 2011 et 2012.
Toute la saison, le Stade a montré ses limites avec la 6e attaque du Top 14 et seulement 13 victoires. Elles ont été criantes contre le Racing. Piétinés en mêlées, bousculés dans les rucks, emportés sur les ballons portés, quasi muets en attaque, les Toulousains n'ont pas rivalisé avec la puissance francilienne.

 Trop de blessures
"On a eu trop peu de ballons pour imposer quoi que ce soit, a reconnu Novès à l'issue du barrage. Il n'y a rien à dire. On a ce que l'on mérite et nous ne méritions pas de gagner. On ne peut pas prétendre jouer une demi-finale en montrant autant de lacunes."
Le redoutable "jeu à la toulousaine" a perdu de sa superbe, la faute notamment à des avants moins dominateurs.

Toulouse n'a pas été épargné: fins de saison anticipées (Ralepelle, Lamboley et Kakovin) et longues absences (Dusautoir, David, Fritz, McAlister et Nyanga) ont ponctué la saison.
Et puis, à l'heure de choisir les Bleus, tous les chemins ou presque ont mené au Capitole.
Dans un championnat ponctué par les doublons, neuf internationaux ont disputé la tournée d'automne et/ou le Tournoi des six nations avec le XV de France.

 'Se remettre en question'
"Il n'y a aucune raison pour que le Stade Toulousain soit en demi-finale tous les ans, a poursuivi Novès dans les couloirs d'Ernest-Wallon.
Même les saisons où nous avons gagné des titres ce fut très dur et nous sommes parfois passés de justesse avec un peu de réussite. Cette saison, le gros souci c'est l'absence de beaucoup trop de joueurs pour avoir la sérénité nécessaire pour
aborder ce genre de match."
Reste que doublons et blessures n'ont aucun lien avec un recrutement parfois décevant. Tekori, Ferreira et Ralepelle ont connu des saisons moyennes, quand Barraque, arrivé à l'intersaison, sera laissé libre. Toulouse n'a pas réussi non plus à retenir Gear, énorme en fin de saison mais en partance pour le Japon, et Qera (Montpellier), malgré l'insistance des dirigeants.
Difficile de tenir alors que les barbares "nouveaux riches" (Racing, Montpellier, Toulon) sont aux portes de la cité et ont déjà envahi le marché des transferts
grâce à leurs euros.
"Je ne suis pas inquiet car on va partir en vacances et digérer tout ça, a conclu Novès. On a juste ciblé les secteurs sur lesquels on se doit de réagir. On va se remettre à bosser. Quand on gagne il faut se remettre en question et continuer à travailler certains secteurs. Quand on perd, c'est pareil."
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