Toulouse : une étude lancée pour comprendre l'impact de l'arrêt du tabac sur la fertilité masculine

L'étude du CHU veut montrer l'impact de l'arrêt du tabac sur la fertilité masculine. / © Benjamin DERVEAUX / MaxPPP
L'étude du CHU veut montrer l'impact de l'arrêt du tabac sur la fertilité masculine. / © Benjamin DERVEAUX / MaxPPP

On sait que le tabac a un impact négatif sur la fertilité masculine. Mais est-ce que l'arrêt du tabac permet de renverser ce phénomène ? Le CHU de Toulouse lance une étude pour tenter de répondre à cette question. 

Par Laurence Boffet

Il étudie déjà l'impact des polluants atmosphériques, des perturbateurs endocriniens ou des toxiques environnementaux sur la fertilité... Le service de médecine de la reproduction du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse a décidé d'étudier celui du tabac. Ou plutôt de son arrêt. Car l'impact de l'arrêt du tabac sur la qualité du sperme n'a jamais été mesuré...

"On réalise cette étude parce que de manière intuitive, on sait que le tabac altère la fonction spermatique. C'est ce qu'on dit à tous les patients qui viennent en consultation. Mais en réalité, on ne sait pas si le fait d'arrêter le tabac a des effets réversibles" explique Jessika Moreau, médecin biologiste en charge de cette étude appelée Tabagerm. "Pour l'instant, aucune étude ne permet de répondre à cette question".
 

Le CHU recherche des volontaires 

Pour mener à bien cette étude, le CHU lance un appel aux volontaires. Il recherche des hommes de 18 à 45 ans décidés à arrêter de fumer. Ils seront suivis pendant un an à la fois à l'unité d’aide au sevrage tabagique de l'hôpital Larrey et au service de médecine de la reproduction de la maternité Paule de Viguier. 
L'hôpital Larrey les accompagnera dans l'arrêt de la cigarette. En médecine de la reproduction, ils devront se soumettre à des prélèvements de sperme mais aussi de sang pour vérifier que leur arrêt du tabac est bien effectif. 
"Nous cherchons des hommes qui fument au moins 15 cigarettes manufacturées par jour, qui n'ont pas d'autre co-addiction, comme l'alcool par exemple, et qui ne sont pas exposés aux hydrocarbures" explique Jessika Moreau. Et des hommes très motivés pour arrêter de fumer car l'étude dépend en grande partie de leur réussite dans le sevrage tabagique. 
 

De nouvelles méthodes pour la prise en charge de l'infertilité

Tabagerm est une étude au long cours, avec une inclusion progressive des volontaires. On devrait en connaître les premiers résultats dans trois ans. Des résultats qui pourraient influencer la prise en charge des patients. "Si l'étude démontre que l'effet du tabac dure 6 mois, on pourrait  ajuster les délais de prise en charge des procréations médicalement assistées (PMA)" explique Jessika Moreau, "et décaler des fécondations in vitro après ce délai pour qu'elles aient plus de chance de réussir".

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