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Toulouse : les gardiens bloquent la prison de Muret après l'attaque de Condé-sur-Sarthe

Les gardiens ont bloqué la prison de 6h à 9h du matin. / © C.Frechinos / France 3 Occitanie
Les gardiens ont bloqué la prison de 6h à 9h du matin. / © C.Frechinos / France 3 Occitanie

Après l'attaque de la prison d'Alençon à Condé-sur-Sarthe qui a eu lieu le mardi 5 mars, les surveillants de celle de Muret, près de Toulouse ont décidé de ne pas prendre leur service ce mercredi matin. Ils demandent plus de moyens.

Par Margaux Dubieilh

Ce mercredi matin au centre pénitentiaire de Muret, une foule de gardiens se masse devant l'entrée. Dans leur tête, la même certitude : l'attaque de la prison d'Alençon aurait pu avoir lieu chez eux.
 
La prison de Muret bloquée par les gardiens suite à l'attaque de Condé-sur-Sarthe
Interviewés : Laurent Maffre, Ufap pénitentiaire / Christy Nicolas, SPS pénitentiaire - C.Frechinos/S.Djian/C.Kechiche

 

Agression terroriste

En effet, hier à Condé-sur-Sarthe, un détenu et sa compagne ont agressé deux surveillants. Michaël Chiolo, suspecté de radicalisation et Hanane Aboulhana ont sorti deux armes blanches alors qu'ils se trouvaient dans l'Unité de Vie Familiale (UVF). L'homme aurait crié « Allahou Akbar » en se jetant sur les surveillants et a dit « vouloir venger » Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg le 11 décembre 2018, selon le procureur de Paris.

Le RAID n'interviendra que vers 19h, blessant légèrement le prisonnier et tuant la femme. Il s'est ensuite avéré qu'elle avait réussi à introduire un couteau en céramique.
 
 

Mouvement spontané

Suite à cette attaque, les gardiens du centre de détention de Muret ont décidé de bloquer l'entrée de la prison ce matin pour soutenir ceux d'Alençon, comme le témoigne Christy Nicolas, délégué syndical du SPS :

Les agents veulent montrer une solidarité par rapport aux collègues de Condé-sur-Sarthe. Ça a été un mouvement très spontané, qui s'est décidé ce matin.

Inquiets, ils s'identifient très bien à leurs collègues : dans leur établissement, il existe aussi une UVF. Pour eux, il est important de renforcer les contrôles des personnes extérieures dans cette unité. Car en effet, si Hanane Aboulhana a pu introduire un couteau en céramique, c'était bien parce qu'il ne sonnait pas aux détecteurs de métaux.
 

Système obsolète

Dans une unité UVF, les surveillants n'ont pas le droit d'effectuer de fouilles avant ou après le parloir. Les visiteurs passent donc seulement au détecteur de métaux. Fatalement, le portique ne peut pas détecter certaines armes blanches constituées de matériaux différents. Pour le délégué UFAP UNSa Justice Laurent Maffre, il est impératif de changer de technique:

On a un système qui est obsolète. Ça démarre avec le portique de détection, qui ne détecte pas tous les matériaux dangereux. Il faut le revoir urgemment.

Les gardiens attendent aussi la création d'établissements spécialisés pour les individus radicalisés. En 2024, une nouvelle maison d'arrêt devrait voir le jour à Muret. Elle pourra accueillir 600 détenus supplémentaires. Mais aucun système spécifique pour les détenus radicaux n'a été annoncé.
 

Unité pour radicalisés ?

Du côté du centre pénitentiaire de Seysses, une grêve illimitée a été déclarée. Dans cet établissement, un quartier pour détenus ultra-violents doit être créée, mais ne devrait offrir qu'une dizaine de places. D'autant que la prison de Seysses est souvent en situation de surpopulation carcérale. Ce scénario évoque les blocages déjà organisés en janvier 2018, où les surveillants demandaient déjà des moyens afin de garantir leur sécurité.

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