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Toulouse : “La Fabrique Opéra” jette l'éponge à un mois des représentations de Carmen

L'atelier costumes de La Fabrique Opéra dans un lycée toulousain / © D. Gérard / France 3
L'atelier costumes de La Fabrique Opéra dans un lycée toulousain / © D. Gérard / France 3

INFO FRANCE 3 MIDI-PYRENEES - Alors que les représentations de l'opéra créé avec la participation de 400 lycéens devaient avoir lieu début mai, l'association toulousaine s'estime lâchée financièrement par l'association nationale qui se défend. 

Par Fabrice Valery

Les 4 représentations de Carmen par "La fabrique opéra", prévues au Zénith de Toulouse entre le 3 et le 9 mai, et préparées par des centaines de lycéens toulousains depuis des mois, n'auront pas lieu. Le projet s'arrête là, à moins d'un mois des représentations.

Risque financier et rupture de convention

"La Fabrique Opéra Toulouse" vient de jeter l'éponge, face au "risque financier".  Selon l'association toulousaine, l'association nationale a rompu "la semaine dernière" par lettre recommandée la convention qui la liait avec la petite soeur toulousaine. Ce lundi, le projet toulousain ne figure d'ailleurs déjà plus sur le site national. Le "national" demande à Toulouse le remboursement des 25 000 euros de subventions versés d'avance et retire son agrément à l'association toulousaine. Pour Jean-Claude Boussemart, le président de La Fabrique Opéra Toulouse, le "risque financier était alors trop grand, nous allions à l'accident industriel".

Une subvention non-versée et une procédure judiciaire

La "franchise" Fabrique Opéra prévoit le versement d'une première aide de 25 000 euros aux associations locales.  Aux associations locales ensuite de trouver d'autres mécènes sur place. 
D'après nos informations, une procédure de sauvegarde a été entamée par l'association toulousaine en raison de l'état de ses finances. Parallèlement, Jean-Claude Boussemart souhaite assigner en justice l'association nationale pour rupture abusive de contrat.

400 lycéens sur le carreau

Mais le plus dur, dans cette histoire, c'est pour les 400 lycéens de 11 lycées de l'académie de Toulouse qui se sont investis dans le projet depuis la rentrée : issus de filières professionnelles proches des métiers du spectacle, ils n'ont pas compté leurs heures de travail pour réaliser costumes, perruques, décors... Pour tenir le rythme, certains ont travaillé tard le soir ou le week-end. Un investissement parfois "démesuré" selon certains enseignants, en raison de la pression mise sur l'association sur ces élèves, pour un projet professionnel comptant pour les études de ces jeunes.
 

L'association nationale dément et rejette la responsabilité sur les Toulousains

Du côté de Grenoble, où se trouve le siège national de La Fabrique Opéra, on n'apprécie très moyennement la présentation de la situation par les Toulousains. "Au terme d’une série de mises en garde de plusieurs mois restée infructueuse, indique l'association nationale, nous avons été contraints de rompre le partenariat le 29 Janvier soit il y a deux mois et demi (et non pas une semaine, contrairement à ce qui a été allégué par l’association locale), et leur avons signifié par lettre recommandée. Cette rupture entraîne l’interdiction d’utiliser le nom La Fabrique OpéraDès le 8 Juin 2015, nous avions alerté par écrit sur la constitution d’une équipe trop importante et les coûts élevés impactant le budget du projet toulousain et brimant la dynamique des jeunes, qui doivent rester les premiers concepteurs de la réalisation des éléments de mise en scène. Nous réitérons le 8 août par écrit, les enjoignant à diminuer le budget et améliorer la dynamique amateur et associative du projet. (...) Nous n’avons d’autre choix que de nous séparer, décision douloureuse pour nous, mais nécessaire pour éviter un désastre comme celui-ci. La gestion des responsables du projet toulousain n’est en rien conforme avec la manière dont on gère une production sous le nom La Fabrique Opéra. Malgré cela, les acteurs de Carmen à Toulouse continuent à utiliser le nom et le concept La Fabrique Opéra. Le 7 Mars, nous envoyons une nouvelle injonction écrite par LRAR de ne plus utiliser notre nom. Ils continuent tout de même à se réclamer La Fabrique Opéra dans la presse comme si de rien n’était.
Deux mois et demi après notre séparation, ils arrêtent aujourd’hui le projet. Le non-respect de leurs engagements est dommageable pour les spectateurs et pour le projet, pour les toulousains. S’ils s’étaient mis en conformité avec les obligations liées à l’usage de notre nom au moment opportun, cela ne serait pas arrivé. A contrario, ils agissent au nom de La Fabrique Opéra sans autorisation, dévoient le concept et nous causent un préjudice".


D'autres projets locaux abandonnés

D'autres projets auraient également été abandonnés à Marseille notamment, où l'association locale s'est retournée contre la maison-mère. Ce qui fait dire à Jean-Claude Boussemart que l'association nationale a voulu éviter un risque judiciaire et financier en "lâchant" l'association toulousaine. La jolie idée d'un spectacle monté par des bénévoles avec le soutien de centaines de lycéens vient de s'effondrer comme un château de carte. A Toulouse, les responsables du projet ont le sentiment de s'être fait "enfumés". L'association nationale n'exclut pas de se retourner judiciairement contre son homologue toulousaine. De la scène d'un opéra, on pourrait passer très vite aux salles d'audience des tribunaux. 

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