Toulouse : un lycéen interné au centre de rétention administrative, des militants mobilisés

C'est au Centre de rétention administrative qu'un lycéen algérien est retenu depuis le 6 septembre / © MaxPPP
C'est au Centre de rétention administrative qu'un lycéen algérien est retenu depuis le 6 septembre / © MaxPPP

Un lycéen algérien est retenu au centre de rétention administrative de Cornebarrieu depuis le 6 septembre. Le Réseau éducation sans frontières (RESF31) est mobilisé pour sa libération.

Par Christine Ravier

Il s'appelle Benziane, il a été arrêté suite à un contrôle par la police municipale de Toulouse pour des faits mineurs. Un enfermement d'au moins 28 jours lui a été notifié et il risque l'expulsion.
 

A tout moment il peut être expulsé

Ce jeune algérien a 19 ans. Il a été scolarisé au lycée des Arènes à Toulouse l'an dernier. "Son parcours scolaire n'a pas posé problème", explique-t-on à RESF31. Ce jeune aurait dû entrer comme interne au début de ce mois de septembre au lycée Roland Garros, en Bac pro plasturgie composite.

A tout moment, il peut être expulsé en Algérie. "Il entre dans une détresse psychologique très péoccupante", explique Anne Latapie, membre de RESF31.

Il est très inquiet de ne pouvoir rattraper le retard qu'il est en train de prendre par rapport à ses camarades qui sont rentrés depuis un mois. Les études, c'est tout pour lui. 

La représentante de RESF, s'insurge aussi du fait que la France, pays des Droits de l'Homme, pratique l'enfermement d'enfants contrairement à la grande majorité des pays européens.

D'après l'association, il est reproché à Benziane de n'être pas allé signer à Perpignan, ville où il est assigné. "Il n'a pu s'y rendre du fait de sa scolarité à Toulouse et de son absence de ressources", explique RESF qui estime qu'il s'agit d'un faux prétexte. 
 

La CPE du lycée choquée de l'avoir vu menotté

Du côté du lycée des Arènes, la conseillère pédagogique d'éducation (CPE), Anne de Boissel, témoigne du fait qu'il a été soutenu lors de son année d'étude dans l'établissement. Elle était à son procès et se dit choquée de l'avoir vu arriver menotté. 

"Ce n'est pas un truand, dit-elle. Nous n'avons jamais eu de problèmes de discipline ou de comportement le concernant. Il était un peu découragé car il avait du mal à rédiger en français. Mais il a eu de bons résultats dans les matières scientifiques durant sa première S. C'est la raison pour laquelle on l'a aidé à se réorienter vers un bac pro".
 

Le député européen (LFI) Manuel Bompard, en visite le 12 septembre dernier, au Centre de rétention administrative s'est inquiété via les réseaux sociaux de la détresse psychologique des personnes retenues.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus