Toulouse : un suspect se rétracte après avoir avoué son implication dans le meurtre de Martine Escadeillas

Publié le Mis à jour le
Écrit par Margot Desmas

Alors qu'il avait avoué son implication dans la disparition de Martine Escadeillas, survenue en 1986, le nouveau suspect s'est rétracté devant le juge d'instruction. Il assure qu'on lui a "soufflé des réponses" lors de sa garde à vue.

Enième rebondissement dans l’affaire du meurtre de Martine Escadeillas. Un homme de 55 ans, interpellé en Isére, avait reconnu son implication directe dans la disparition de la jeune femme en 1986 lors de sa garde à vue, vendredi 25 janvier



Mais le suspect est revenu sur ses aveux, ce vendredi 1 février, lors de sa présentation devant le juge d'instruction Fabrice Rives à Toulouse. "Il dit qu'on lui aurait soufflé des réponses lors de sa garde à vue", assure son avocat Me Eric Mouton qui dit vouloir rester prudent sur les déclarations de son client.

 

L’homme, mis en examen pour "homicide volontaire", a été placé en détention provisoire dans l'attente de son procès. Mais son avocat devrait rapidement demander sa remise en liberté, indique-t-il.



 

Aucune explication sur la disparition du corps



Au moment de la disparition de Martine Escadeillas, âgée de 24 ans à l’époque, le suspect avait rapidement quitté la région. C’est lors de sa garde à vue que ce père de famille "a reconnu son implication dans les faits qui lui sont reprochés", sans toutefois faire d'"aveux circonstanciés", selon les termes du procureur.



Le soir du drame, il dit s'être rendu chez la victime qu’il connaissait pour lui déclarer son amour pour elle. Une discussion a eu lieu dans son appartement à Ramonville, près de Toulouse. Il raconte qu’une dispute violente a éclaté, qu’il a exercé des violences sur la jeune femme.



Elle aurait alors tenté de fuir, il l’a poursuivi dans le couloir, l’altercation et la rixe ont continuées, et la victime serait décédée vers le bas de l’escalier. L’agresseur aurait ensuite déposé le corps dans une cave, ce qui correspond aux traces de sang relevées à l’époque. La confusion devient totale ensuite : aucune explication sur la disparition du corps.



"Mais il n'y a aucune raison que ses propos devant le juge aient moins de valeur que ses aveux en garde à vue", poursuit son avocat, précisant que son client "n'est pas le premier suspect interpellé dans cette affaire".



"Il faut aussi se rappeller qu'il y a des précédents célèbres de faux aveux, comme dans l’affaire Dils. Il a très bien pu perdre ses esprits", selon Me Eric Mouton.



 

Une affaire vieille de 30 ans



Au cours d’une conférence de presse tenue ce vendredi, le procureur a confirmé que l’affaire Martine Escadeillas a été relancée grâce à des éléments nouveaux confiés à la justice en janvier 2016 : une lettre dans laquelle une proche de la victime dirige les enquêteurs vers un homme qui était un ami de la jeune gemme. Cet élément jugé sérieux va permettre la réouverture de l’enquête.



"C'est une affaire vieille de 30 ans et très complexe, rappelle l'avocat du suspect. Il y a beaucoup d'éléments troublants et surtout de nombreuses impasses".

 
Le reportage de Stéphane Compan et Olivier Denoun.



La première enquête sur la disparition de Martine Escadeillas a été ouverte en décembre 1986 et clôturée, non élucidée en 1989. Relancée dix ans plus tard après des témoignages recueillis au cours de l’émission "Témoin numéro un", une nouvelle information judiciaire est menée en mars 1996. Elle est de nouveau clôturé en 2008, après qu’une personne mise en examen ait fait l’objet d’un non-lieu.



Reste maintenant à éclaircir l'implication réelle de ce nouveau suspect, près de 33 ans après les faits.



 
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