Toulouse : une salariée de Chronodrive risque le licenciement pour un tweet critiquant son entreprise

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Écrit par Stéphanie Bousquet
L'étudiante toulousaine en économie sociologique en CDI depuis un an au sein de ce Chronodrive risque d'être licenciée pour un tweet.
L'étudiante toulousaine en économie sociologique en CDI depuis un an au sein de ce Chronodrive risque d'être licenciée pour un tweet. © Capture écran Google Maps

Une salariée d'un chronodrive, étudiante, vient d'être mise à pied avant une éventuelle procèdure de licenciement pour avoir critiqué son entreprise dans un tweet. " Une excuse " selon elle. Elle se bat depuis des mois contre le harcèlement et le sexisme au sein de son entreprise.

Les mots de Rozenn sont forts. " Chronodrive veut réprimer les femmes qui relèvent la tête face au sexisme ".

Cette étudiante toulousaine en économie sociologique vient d'être mise à pied en vue d'un éventuel licenciement après un an de CDI au sein du groupe.

Mise à pied à cause d'un tweet

Officiellement, convoquée en début de semaine, la direction du groupe lui reproche une rupture de confiance suite à ce tweet publié sur les réseaux sociaux.

La jeune femme y reprochait la politique de gaspillage de l'entreprise qui se vante d'avoir une démarche écologique et de penser à la protection de la planète.

" C'est l'arbre qui cache la forêt ", selon elle. En effet dès son entrée dans le groupe Auchan, propriétaire des chronodrives, Rozenn s'est de suite faite remarquer par la direction.

Une lutte contre le sexisme dans les chronodrives

Dès son entrée dans l'entreprise, il y a un an, elle monte la première section CGT au sein des chronodrives pour faire valoir les droits des salariés. Très vite, elle se bat contre la précarité prend la défense de salariés victimes de harcèlement moral ou sexuel.

J'ai défendu deux personnes devant la direction. L'une victime de harcèlement moral, l'autre de sexisme au sein de l'entreprise. La direction avait été alertée de remarques sexistes et déplacées au sein de certains sites. L'une des salariés a été victime de harcèlement sexuel pendant plus de 3 ans. Elle est même tombée en dépression. La direction était au courant. Il a fallu se battre pour faire reconnaître le préjudice subi par cette salariée.

Rozenn

Pendant des mois, Rozenn a dénoncé le sexisme ambiant sur certains sites de chronodrive et l'inaction de la direction. Elle a même créé une page Facebook "CGT Chronodrive" pour permettre aux salariés de s'exprimer. Les témoignages se sont multipliés.

Elle dit " payer pour ses engagements "

Rozenn est aujourd'hui convaincue d'être menacée d'un licenciement pour avoir dénoncé ce sexisme ambiant au sein de chronodrives toulousains et libéré la parole de certaines salariées. Bref de payer pour ses engagements.

Etudiante dépendante de son travail pour financer ses études, elle se dit "choquée et désolée" d'en arriver là, elle craint de tomber dans une plus grande précarité.

Une pétition circule même en ce moment pour soutenir Rozenn et lever toutes les sanctions en cours contre elle. Ayant dans un premier refusé de communiquer sur ce dossier, la direction de Chronodrive Basso Combo a finalement répondu par mail le 20 mars confirmant la procédure disciplinaire à l'encontre de la salariée : "Les faits qui lui sont reprochés sont notamment un dénigrement des actions RSE de Chronodrive sur les réseaux sociaux. L’entreprise considère que cela porte atteinte à l’image commerciale et constitue une violation de l’obligation contractuelle de loyauté vis-à-vis de son employeur.

Pour l’entreprise, le dénigrement public de son engagement auprès de la Banque Alimentaire est un motif grave qui justifie la procédure disciplinaire engagée. Ce partenariat de plus de 10 ans est en effet un élément fort de la politique RSE de Chronodrive.  

Par suite de ce conflit avec l’entreprise, la salariée a publié une vidéo et plusieurs posts sur les réseaux sociaux affirmant que le motif de cette procédure de licenciement serait autre. L’entreprise dément catégoriquement cette affirmation."

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