Tourisme : A Toulouse, les hôtels peinent toujours à se remplir avec la crise du COVID

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L'année 2021 n'a pas été très bonne pour le secteur de l'hôtellerie en Occitanie, comme ailleurs en France. Le taux d'occupation moyen est remonté de 11,2 points par rapport à fin 2020. Mais reste en retrait par rapport à 2019, année de référence. Toulouse souffre particulièrement.

Il y a du mieux, mais ce n'est pas encore ça. Selon une étude du cabinet MKG, le taux d'occupation en France est en progression de 11,2 points par rapport à 2020, qui fut une année catastrophique pour le secteur de l'hôtellerie. Mais le niveau de 2019 n'a pas encore été rattrapé, pas plus en Occitanie qu'ailleurs.

Il est à noter que la France résiste mieux que nos voisins européens qui ont beaucoup souffert de l'absence d'une clientèle touristique. La France et la région Occitanie bénéficient d'un tourisme local solide, avec notamment un été 2021 porteur. Sans oublier, les séminaires qui ont repris partiellement.

Toulouse souffre plus que les autres agglomérations

Mais il y a des contrastes importants selon les agglomérations. Toulouse par exemple, a beaucoup souffert de l'absence de réservations dans les hôtels. Dans la ville rose, le chiffre d'affaires a baissé de 40 à 50% par rapport à 2019. Peu de villes sont aussi éloignées de leurs performances passées. Montpellier par exemple a aussi souffert, mais dans une moindre mesure. Elle accuse une baisse de 30 à 40% par rapport au chiffre d'affaires d'il y a deux ans. Quant la ville de Perpignan, on semble tout proche des scores de 2019, avec une baisse qui se situe entre 0 et 10% en 2021.

La situation de Toulouse est particulière. D'abord elle ne bénéficie toujours pas d'un accès au TGV, qui draine nombre de touristes (à l'image de Bordeaux par exemple). De fait, la capitale de l'Occitanie est divisée en deux, entre le tourisme individuel qui se concentre sur le centre-ville et la zone aéroportuaire qui reçoit le tourisme d'affaires. Et c'est cette zone là qui souffre le plus de la crise du Covid depuis ses débuts en 2020.

70% du tourisme est lié aux affaires

Jean-Claude Darderet n'est pas vraiment surpris par les chiffres publiés par le cabinet. Le président de l'Agence de développement économique de Toulouse-Métropole fait le constat suivant : "70% de notre tourisme à Toulouse est du tourisme d'affaires, 30% du tourisme de loisirs. Forcément, nous sommes plus impactés que les autres grande métropoles." Se rajoute à cela, selon lui, le fait que Toulouse ait une grande capacité hôtelière, en d'autres termes beaucoup de places disponibles, ce qui explique un taux d'occupation - même dans les bonnes années - en dessous de la moyenne.

Les perspectives du tourisme d'affaires ne sont pas bonnes en ce début d'année 2022. "Nous avions une douzaine d'évènements - symposiums, sommet, tables-rondes - prévus pour le seul mois de novembre" explique Jean-Claude Darderet. "Ils sont en train d'être reformatés, avec un mélange entre présentiel et distanciel, les intervenants sur place, les participants devant leur écran. Cela représente un manque à gagner certain pour les hôtels spécialisés en tourisme d'affaires. " Au-delà de la baisse du chiffre d'affaires, c'est bien ce climat d'incertitudes permanent qui plombe le moral des hôteliers.

L'attrait du tourisme urbain

Mais le président de l'Agence de développement économique de Toulouse-Métropole reste néanmoins optimiste pour l'avenir. "Le mois de décembre 2021 a été particulièrement bon en matière de tourisme. L'attrait pour le tourisme urbain est réel, le nombre de visites guidées par exemple a été doublé pendant cette période. Le tourisme de loisir devient peu à peu un vrai pôle de développement, d'autant que les hôtels sont ou ont su s'adapter à cette nouvelle demande. Notamment ceux qui jusqu'ici recevaient essentiellement des clients venant pour affaires".

Un semestre sur deux rentable

Mais pour cela il faudra sans doute encore du temps. Les perspectives sont floues pour 2022 et on ne peut pas dire que le mois de janvier soit très encourageant. "Nous avons pour le mois en cours un taux d'occupation de 20%, soit très loin du chiffre d'affaires habituel" explique Frédéric Michel, le gérant de l'Hôtel Héliot, au centre-ville de Toulouse. Celui qui est également le président de la branche hôtellerie à l'UMIH 31 (Union des métiers et des industries hôtelières de la Haute-Garonne) fait le bilan : "L'année 2021 a été coupée en deux, avec un bon et un mauvais semestre. Entre juillet et la mi-décembre, nous avons retrouvé un très bon niveau, comparable aux bonnes années. Ensuite, à partir de mi-décembre, la situation est devenue plus instable, imprévisible".

"C'est tout le secteur de l'hôtellerie qui a souffert. Lourdes par exemple a beaucoup souffert, à cause de l'absence de touristes étrangers. L'effet "crise sanitaire" a eu forcément un impact sur notre activité" explique Frédéric Michel. Et d'en appeler à un allègement des mesures sanitaires, qui fait beaucoup de mal aux gérants d'hôtels.