Une marche festive à Toulouse pour soutenir le projet de ferme écologique urbaine

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Écrit par Benoît Roux

Plus de 500 personnes ont marché ce samedi après-midi pour soutenir le projet de ferme urbaine en plein cœur du quartier des Pradettes de Toulouse. La mairie propriétaire du terrain de 2 hectares n'a pas encore choisi entre immeubles et maraîchage.

C'est l'une des dernières friches municipales toulousaines sur la zone très dense du quartier des Pradettes. Depuis 3 ans, un collectif d'habitants et d'associations se mobilise pour que ce terrain de 2 hectares soit occupé par des fruits et légumes et non par des immeubles. 

Un cortège festif de carnaval

L’association N.A.T.U.R.E.S. a mobilisé tout le quartier des Pradettes et ses environs. Une centaine d’étudiants en design ou des beaux-arts travaille sur des costumes et des constructions en bois depuis plusieurs semaines.

En ce début d’après-midi, de nombreuses familles les ont rejoints pour défiler. Il y a Julie 22 ans, étudiante aux beaux-arts de Toulouse. "Il y avait tout un travail de sérigraphie, de costumes aussi pour faire vivre le récit que l’on voulait faire passer. A l’école, on ne mène pas toujours des projets qui se réalisent. Ici, il y a en plus une bonne ambiance et c’est pour la bonne cause !"

On se croirait presque au carnaval, avec musique et costumes colorés comme Romain déguisé en abeille. Ce riverain du quartier des Pradettes est venu défendre le projet qui l'intéresse pour plusieurs raisons. "Il y a plusieurs objectifs importants pour le quartier. D’abord écologique avec cette ferme bio, un jardin partagé et un jardin pédagogique. Ainsi on préserve un espace de verdure et de fraîcheur dans le quartier. Cette ferme urbaine permettra aussi à des gens du coin de se réinsérer en travaillant. Il y a aussi un objectif de résilience alimentaire car avec les confinements, nous avons vu que Toulouse n’était pas autonome pour son alimentation. Avec cette ferme on espère avoir de la biodiversité et des abeilles dans le quartier."

Une mère de famille est aussi là avec ses enfants. "C’est un projet important pour eux, pour qu’ils puissent découvrir ce qu’est une ferme, comment les plantes poussent… Les quartiers de Lardenne et des Pradettes sont très urbanisés. On a envie de défendre plus de verdure en ville."

Des fruits et légumes ou 230 logements ?

Depuis 3 ans, le collectif d'habitants et d'associations se bat. Car la mairie de Toulouse a un autre projet : réaliser entre 230 et 300 logements supplémentaires. Elle ne compte pas si facilement lâcher de potentiels revenus fonciers comme l'avait déclaré Jean-Luc Moudenc en janvier 2020. "La création d'une ferme urbaine sur 20 000 m² entraînerait la perte de 3,8 millions d'euros de recettes dans le bilan du PAE Bordeblanche, soit un déficit global de l'opération de 13,1 millions d'euros. Sans ces recettes, la mairie de Toulouse n'est plus en capacité de financer la construction des équipements publics à venir, ni la réalisation des voiries et infrastructures restant à aménager."

Début 2021, la mairie octroie un délai de 15 mois à l’association N.A.T.U.R.E.S. pour faire ses preuves et présenter un projet solide et viable. "Depuis 5 ans, plusieurs centaines de logements ont été réalisées ici. L'urbanisation est déjà très dense, affirme Philippe Lebailly coprésident l’association. Nous avons un dossier solide que nous avons envoyé à la mairie le jeudi 24 mars . On rencontre les élus le 8 avril. Soit c'est le projet de ferme maraichère qui est choisi, soit la construction de 230 logements supplémentaires. Pour le quartier qui a déjà une densification importante, c'est un enjeu vital de préserver cet ilot de fraîcheur et d'amener un changement des pratiques alimentaires avec la production de produits bio."

Dans le cortège, l'ancienne candidate PS à la mairie de Toulouse Nadia Pellefigue apporte son soutien. 

Depuis septembre 2021, la maire de quartier des Pradettes a donné son autorisation pour la vente de paniers alimentaires bio sur la place centrale. Un signal mais pas un feu vert définitif.

Le projet est aussi soutenu par Commission européenne qui lui a délivré le label "Ambassadeur du climat".