VIDEO. Haute-Garonne : un élevage de lièvres destinés à la chasse accusé de maltraitance animale par une association

Pierre Rigaux, militant et naturaliste indépendant dénonce dans une vidéo publiée, ce jeudi, un cas de maltraitance animale dans un élevage de lièvres destinés à la chasse qui se situe à Labarthe-Rivière en Haute-Garonne. Il souhaite, par cette publication, interdire cette pratique d'élevage.
Haute-Garonne - Un élevage est soupçonné par une association de protection des animaux de maltraitance animale.
Haute-Garonne - Un élevage est soupçonné par une association de protection des animaux de maltraitance animale. © Pierre Rigaux/Nos Viventia

"Il faut interdire cette pratique au plus vite", clame vigoureusement Pierre Rigaux, militant écologiste et naturaliste indépendant. Ce jeudi, il publie sur son compte Youtube, une nouvelle vidéo sur un cas de maltraitance animale en France.

Cette fois-ci, il cible un élevage de lièvres destinés à la chasse, situé à Labarthe-Rivière en Haute-Garonne. Dans cette vidéo clipée de plus de 2 minutes, on distingue des lièvres entassés dans de nombreuses cages très étroites.
C'est grâce à un lanceur d'alerte que l'association "Nos viventia" a pu récupérer les images de l'intérieur de l'élevage qui datent de mai dernier. "Nous avons été choqués par la façon dont sont élevés ces lièvres. Ils restent pendant 3, 4 ans dans ces cages qui sont très petites. Leurs pattes reposent sans cesse sur du grillage. Les lièvres sont des animaux qui ont besoin de beaucoup d'espace et sont très sensibles au stress. Leurs conditions de vie sont absolument atroces", déplore Pierre Rigaux. 

Cette vidéo publiée le 8 juillet dénonce un cas de maltraitance animale dans un élevage de lièvres en Haute-Garonne. Attention les images peuvent choquer.

Des conditions de captivité incompatibles avec le mode de vie des lièvres : "ce sont des animaux taillés pour la course à grande vitesse. Ils sont capables de faire des bonds de 6 mètres de long. Là, ils ne peuvent même pas faire une seule vraie foulée, tellement la cage est petite", explique le militant dans sa vidéo.

Les lièvres nés en captivité, conservent tout de même un caractère sauvage. Cette forme extrême de détention entraîne chez eux des comportements aberrants et pathologiques, appelés stéréotypie, similaires à ce qu'on observe chez les lions ou les éléphants maintenus en cage dans les cirques. Ils tournent en rond et/ou se balancent à l'infini. C'est bien le signe d'un mal-être extrême. Ces animaux deviennent complètement fous.

Pierre Rigaux, militant écologiste et naturaliste.

300 lièvres vivraient selon l'association de protection animale dans cet élevage. "Ils vivent en couple forcé qui entraîne des blessures pour les femelles agressées. Les lièvres reproducteurs sont maintenus en cage pendant 3-4 ans puis sont remplacés avant que la productivité baisse. Les levrauts issus de ces reproductions sont le "produit" de vente. Nos images montrent des cadavres qui ne sont pas tous retirés des cages", poursuit Pierre Rigaux. 

Des accusations que réfutent l'éleveur

Contacté par France 3 Occitanie, l'éleveur de lièvres de Labarthe-Rivière nie les accusations de maltraitance animale : "tous les éleveurs font comme cela, c'est dans la pratique de mettre les lièvres dans des cages. Ce n'est pas une question de rentabilité". Il assure que les animaux restent "3, 4 mois dans les cages et sortent dehors avant d'être vendus pour des sociétés de chasse." 

D'après le militant écologiste, "les jeunes lièvres sont vendus entre 60€ et 100€ "pièce" selon leur âge. Les clients sont des sociétés de chasse dans plusieurs départements du sud de la France, dans la Drôme ou Les Landes. Ils sont lâchés de janvier à août, pour faire ce que les chasseurs appellent du "repeuplement" : il s'agit théoriquement de renforcer des populations, de permettre aux lièvres lâchés de s'installer dans la nature et parfois de se reproduire. Derrière cet enjeu présenté comme écologique, l'objectif est de les chasser. C'est juste un amusement."
L'éleveur de lièvres affirme, lui "que ses clients, chasseurs lui ont toujours dit que les lièvres étaient utilisés uniquement pour la régulation."

La Fédération départementale de la Haute-Garonne explique quant à elle, que "la population de lièvres se porte très bien et des quotas sont mis en place chaque année."

"Alerter sur cette pratique d'élevage" 

Pour Pierre Rigaux et son association, le but de cette vidéo n'est pas de "cibler l'éleveur en question" mais d'alerter sur cette pratique d'élevage, méconnue de l'opinion publique : "on veut sensibiliser le plus de monde, dire aux personnes qui habitent à cet endroit-là que ce genre d'élevage existe."

En France, l'élevage de lièvres destinés à la chasse est autorisé par la loi. "Les services de la préfecture peuvent venir sur place, mais souvent il ne se passe rien. On veut aujourd'hui que cela change sur le plan politique et interdire cette pratique." Pierre Rigaux assure avoir contacté la députée LREM, de la 3e circonscription de la Haute-Garonne, Corinne Vignon, en charge de la proposition de loi contre la maltraitance animale.
Validée par l'Assemblée nationale en janvier, elle doit encore être approuvée par le Sénat pour être définitivement adoptée.

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