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Vu de Toulouse, le vaisseau européen ATV-4 s'amarre à la Station spatiale ISS et ravitaillera les astronautes

Le quatrième cargo automatique européen, l'ATV Albert Einstein, s'est amarré samedi vers 16h. Le CNES de Toulouse guidait les opérations depuis le centre de contrôle. 860 kg de carburant, 565 l d'eau, 100 kg d'oxygène et 2,6 tonnes de matériel et de colis et courriers envoyés aux astronautes.

L'atv 4 Albert Einstein depuis la salle de contrôle du CNES de Toulouse moins de 10' avant son amarrage avec l'ISS
L'atv 4 Albert Einstein depuis la salle de contrôle du CNES de Toulouse moins de 10' avant son amarrage avec l'ISS © François Ollier / France 3 Midi-Pyrénées
Le quatrième cargo automatique européen, l'ATV Albert Einstein, s'est amarré samedi peu après 14h GMT (16h heure de Paris), une vingtaine de minutes plus tard que prévu, à la Station spatiale internationale (ISS), a annoncé l'Agence spatiale européenne (ESA), qui retransmettait en direct l'événement sur son site internet. La moindre erreur pouvait être fatale avec une telle cargaison jamais aussi lourde mais tout s'est bien déroulé.

Lancé le 5 juin par une fusée Ariane 5 depuis Kourou (Guyane française), l'ATV-4 est un vaisseau de 20,2 tonnes qui constitue la charge la plus lourde jamais envoyée par l'Europe dans l'espace. Plus grand qu'un autobus à impériale, il transportait 6,6 tonnes de ravitaillement (eau, carburant, vivres, équipements divers) destiné aux astronautes qui occupent en permanence l'ISS depuis 2000.

"Succès de l'amarrage #ATV4. Le cargo spatial européen amène du fret à l'ISS. Précision supérieure aux trois précédents selon JJ Dordain de l'ESA", d'après le compte twitter de @CiteEspace à Toulouse.


Après s'être rapproché petit à petit de la station au cours des derniers jours, le vaisseau est venu se placer à une quarantaine de km derrière l'ISS et 5 km en-dessous, pour débuter sa phase d'arrimage. Guidé depuis le centre de contrôle de l'ATV hébergé à Toulouse au CNES (Centre national d'études spatiales), le cargo s'est ensuite positionné à une centaine de mètres sous la station spatiale, à 3,5 km de distance. L'ATV a alors entamé sa phase d'arrimage automatique, se guidant de manière autonome sur la station spatiale par le biais de GPS alors que les deux engins tournaient autour de la Terre à 28.000 km/h, mais avec une vitesse relative entre eux de seulement quelques centimètres par seconde.



Parvenu à 250 mètres de l'ISS, le cargo long de dix mètres a activé son système de guidage laser pointé vers une petite cible fixée sur le module Zvezda de la Station. La jonction a été opérée vers 14h03 GMT, alors qu'elle était envisagée initialement à 13h46 GMT, lorsque l'ATV a emboîté son "mât d'amarrage" dans le "cône" du module russe. Toute l'opération était étroitement surveillée depuis l'ISS par l'astronaute italien Luca Parmitano et son homologue russe Alexandre Missourkine.

Lundi, les occupants de la Station pourront enfin prendre livraison de sa précieuse cargaison


Une fois ses réseaux électriques, informatiques, etc. raccordés à l'ISS, le sas pourra s'ouvrir et l'atmosphère de l'ATV sera nettoyée et filtrée. Lundi, les occupants de la Station pourront enfin prendre livraison de sa précieuse cargaison: 860 kg de carburant, 565 litres d'eau potable et 100 kg d'oxygène, ainsi que 2,6 tonnes de matériel divers et de colis et courriers envoyés par leurs familles. Beurre de cacahuète, pyjamas, parmesan, brosses à dent, lasagnes et tiramisu... des dizaines d'objets de première nécessité agrémentés de quelques douceurs ont été chargés à bord du cargo.

Outre ses fonctions de ravitailleur, l'ATV fait aussi office de remorqueur spatial pour rehausser régulièrement l'orbite de la Station, qui autrement finirait par retomber sur Terre. A la fin de sa mission, prévue le 28 octobre prochain, le cargo sera rempli de tous les déchets non dangereux produits à bord. Il se séparera de l'ISS et plongera vers l'atmosphère terrestre où il se consumera avec tout ce qu'il transporte.

Le reportage de François Ollier et Eric Foissac :

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