Débat sur les néonicotinoïdes : qu'en pensent agriculteurs et apiculteurs des Hautes-Pyrénées ?

Les néonocotinoïdes vise le système nerveux des insectes et contribue au déclin spectaculaire des colonies d'abeilles. / © France 3 Occitanie
Les néonocotinoïdes vise le système nerveux des insectes et contribue au déclin spectaculaire des colonies d'abeilles. / © France 3 Occitanie

Lundi 26 juin a eu lieu un premier désaccord gouvernemental, au sujet des insecticides "tueurs d'abeilles", les néonicotinoïdes. Mais qu'en pensent les principaux intéressés ? France 3 Occitanie est allé à la rencontre des agriculteurs et des apiculteurs dans les Hautes-Pyrénées. 

Par Marie Martin (avec AFP)

C'est le premier couac public au sein du gouvernement...

Lundi 26 juin 2017, le Premier ministre, Edouard Philippe, a donné raison lundi au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, aux dépens de son collègue de l'Agriculture et confirmé l'interdiction des insecticides "tueurs d'abeilles".

"Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l'occasion d'une réunion tenue à Matignon le 21 juin", a indiqué Matignon dans un communiqué, tout en précisant qu'un "travail est en cours avec les autorités européennes".

La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen", avait déclaré plus tôt le ministre de l'Agriculture.

Votée dans le cadre de la loi sur la biodiversité de 2016, l'interdiction des néonicotinoïdes, insecticides nocifs pour les abeilles,  a été combattue par le monde agricole, en particulier les betteraviers, et fait l'objet d'âpres débats au Parlement.
Ces derniers ont apporté, avec les céréaliers, leur soutien à Stéphane Travert, évoquant "une situation de distorsion de concurrence" vis-à-vis de leurs homologues européens et des pays tiers "ayant accès à ces molécules".

La mesure interdit cette catégorie de pesticides dès le 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020, au cas par cas, quand il n'y a pas d'alternative à court terme.
"Nous avons un certain nombre de produits qui ont été estimés dangereux et sont au fur et à mesure retirés du marché mais, (pour) d'autres produits (...) qui n'ont pas de substitution, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l'utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions", a déclaré Stéphane Travert.

"C'est ma proposition", a spécifié le ministre, affirmant que l'arbitrage du Premier ministre n'était "pas rendu".
Une interprétation immédiatement contestée par Nicolas Hulot, qui, dans un tweet, a répondu que les interdictions de néonicotinoïdes "ne seront
pas levées
".

"Dès lors que la santé est mise en cause, je ne veux faire aucune concession", a insisté Nicolas Hulot plus tard devant la presse à Lyon. "On ne va pas revenir sur la loi", a-t-il insisté, "on ne reviendra pas sur des acquis".

Pour les ONG, la position du ministère de l'Agriculture est d'autant plus anachronique que la Commission européenne doit bientôt, selon elles, proposer d'élargir le moratoire sur les néonicotinoïdes en place depuis 2013.
Selon une porte-parole de la Commission, cette instance prépare un texte qui étend la restriction à toutes les cultures extérieures (mais pas aux cultures sous serre).
Le texte sera présenté aux Etats membres en juillet et un vote est envisagé à l'automne.

Ce type de pesticides, qui vise le système nerveux des insectes, désoriente les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies.
Peu biodégradables, ils affectent les autres espèces insectivores et persistent dans l'eau et les sols. L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) doit publier fin 2017 une expertise sur l'impact sur l'Homme.

Défenseurs et pourfendeurs des néonicotinoïdes continuent donc de s'opposer sur la question. Olivier Faissolle et Emmanuel Fillon, de France 3 Occitanie, sont allés à la rencontre des céréaliers et des apiculteurs, dans la plaine de l'Adour.

Hautes-Pyrénées : le débat continue autour des néonicotinoïdes

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