Tarbes : Ouverture du procès de Jérôme Manini, accusé du meurtre de son ancien beau-père

C'est aujourd'hui que s'ouvre à Tarbes le procès de Jérôme Manini. Devant la cour d'assises des Hautes-Pyrénées, cet homme de 36 ans est jugé pour assassinat. Le 31 janvier 2018, il a tué son ancien beau-père. Une histoire de vengeance familiale.

C'est un  meurtre de sang-froid, prémédité, sur fond de vengeance familiale. Le 31 janvier 2018, vers 18h30, Jérôme Manini, se présente au domicile de Joël Balme, son ancien beau-père. Il vit rue du Corps Franc Pommiès, dans le centre-ville de Tarbes. Accompagné d'un ami (Adil Khatouf, jugé également à partir d'aujourd'hui, pour complicité d'assassinat), Manini est venu exprès de la Drôme. L'homme souhaite venger ses deux grandes soeurs.

Dans les années 90, ces dernières ont subi des agressions sexuelles de Joël Balme, leur beau-père. Des faits avérés, puisque Joël Balme a été condamné par la cour d'appel de Grenoble en 1999 à 6 ans d'emprisonnement, pour attouchements sexuels aggravés sur mineures. Une condamnation qui amènera la mère de Jérôme Manini à rompre avec son compagnon. 

" La victime a ouvert à son agresseur par la fenêtre et a reçu immédiatement plusieurs coups de feu qui l'ont mortellement atteint " explique peu de temps après les faits le procureur de la République de Tarbes, Pierre Aurignac. 

 

Joël Balme a sucombé à deux séries de tir. L'arme du crime - un pistolet semi-automatique, acheté deux ans plus tôt, n'a jamais été retrouvée.

Avant d'ouvrir le feu, Jérôme Manini demande à son ancien beau-père s'il se souvient de lui. Sans attendre la réponse, il tire six coups de feu, trois atteindront mortellement Joël Balme. L'assassin présumé expliquera aux enquêteurs que la victime avait touché "à son sang et à sa famille". 

Dans un premier temps, la police dispose de peu de pistes. Jérôme Manini et son complice  Adil Khatouf vont être confondus par leur ADN, retrouvé dans une voiture volée et partiellement détruite qui a servi a faire le trajet Valence - Tarbes le 31 janvier 2018. 

Obnubilé par sa quête de vengeance

Interpellé le 5 juin 2018 à Montélimar, Jérôme Manini fera des aveux circonstanciés aux enquêteurs, et explique avoir voulu venger ses soeurs. Pourquoi 20 ans après les agressions sexuelles ? C'est l'un des enjeux de ce procès. Guillaume Fort, son avocat, apporte quelques éléments de réponse : "Jérôme Manini a été très longtemps obnubilé par les crimes de son ancien beau-père. Il avait au moment des faits entre 7 et 12 ans. Il ne s'est jamais pardonné de ne pas avoir su protéger ses deux grandes soeurs à l'époque". Et de rajouter. "Aujourd'hui il est passé d'un sentiment de culpabilité à un autre. Il est conscient de la souffrance injuste qu'il a infligé en commettant cet assassinat".

Le rôle du complice à déterminer 

Du côté des parties civiles, on rejette ces arguments. Pour Maître Thierry Sagardoytho les choses sont claires. "Le désir de vengeance ne peut pas être une excuse. Celui qui est devenu la victime avait purgé sa peine. Lui (Jérôme Manini) a voulu se faire justice. Il a fait sa loi en exécutant Joël Balme. C'est un meurtre qui a été commis avec prémiditation, c'est un cas d'école d"un assassinat. Il doit maintenant en assumer les conséquences". 

La cour d'assises des Hautes-Pyrénées cherchera aussi à évaluer le degré d'implication d'Adil Khatouf. L'ami de Jérôme Manini, a toujours affirmé ne pas avoir été au courant des réelles intentions de l'assassin présumé, qui a toujours corroboré cette version. 

Le procès doit durer 5 jours. Le verdict est attendu jeudi 18 novembre. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. 

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