16 mai, journée des victimes de la route : le combat des familles

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Écrit par Josette Sanna

Cathy, Nathalie et Gilles ont chacun perdu un enfant dans un accident de la route. Depuis, ils ont pris part à un collectif national dont le siège est à Puimisson, près de Béziers dans l'Hérault, pour aider les familles des victimes et changer la législation en matière de délits routiers.

Une table de 25 mètres de long et autour 75 convives qui n'arriveront jamais. 75 chaises vides symbolisant les victimes de la route dans l'Hérault en 2021. Une table dressée sur le marché aux fleurs de Montpellier, devant la préfecture de l'Hérault par le collectif "Justice pour les victimes de la route" ce samedi 14 mai.

Sensibiliser les scolaires

Le collectif réclame depuis des années une journée nationale des victimes de la route. A l'initiative de Cathy Bourgoin qui a perdu son fils de 22 ans il y a 16 ans et créé  l'association nationale dont le siège est à Puimisson près de Béziers. Elle milite également pour que la sensibilisation des enfants dès le primaire soit inscrite au programme de l'éducation nationale.

Utile

L'association milite pour que les auteurs des accidents de la route, souvent sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants soient jugés pour "homicide routier". Nathalie Prieto a perdu Corentin, son fils unique, décédé dans un accident de la route le 25 juillet 2021 a rejoint l'association pour se rendre utile après le décès de son fils. L'auteur de l'accident avait été laissé sous contrôle judiciaire malgré trois circonstances aggravantes : le chauffard a percuté son fils alors qu'il traversait sur un passage piéton sur un grand boulevard, il était en excès de vitesse et conduisait en état d'ivresse. 

Mon combat c'est essayer de faire les choses pour mon fils et toutes les familles des victimes d'accidents de la route, afin de faire en sorte qu'elles se sentent moins seules.

Nathalie Prieto

Mère d'un jeune homme tué à Bordeaux

"J'ai adhéré à l'association pour essayer de faire avancer les choses. Pour mon fils tué dans une rue de Bordeaux, nous nous sommes battus pour faire mettre des ralentisseurs et réinstaller l'éclairage qui avait été volé trois jours avant le drame" ajoute Nathalie Prieto.

 Militer en roulant

"Je milite en roulant, j'ai une affiche à l'arrière de mon Pick up sur laquelle il y a écrit "trop de morts sur les routes, pour faire prendre aux gens qu'ils roulent trop vite ", ajoute Gilles Bergis qui a aussi perdu son fils de 21 ans dans un accident de la route en 2015. "Je milite aussi pour le statut des victimes. Mon fils était à moto, une femme qui arrivait en face, lui a coupé la route.

Ca lui a coûté 200 euros. Même pas un point de permis en moins. J'ai vu mon gars allongé sous un drap, j'ai reconnu ses bottes...

Gilles Bergis

Père d'une victime de la route

La conductrice du véhicule qui a tué mon fils a porté plainte contre lui car il lui avait cassé sa voiture !" soupire Gilles Bergis qui a participé à la manifestation à Montpellier.

Alcool, imprudence, vitesse

75 personnes sont mortes sur les routes de l'Hérault en 2021, soit cinq de plus qu'en 2019, avant le confinement. L'alcool, l'imprudence et la vitesse sont les principales causes de ces accidents qui ont lieu principalement sur des départementales (64 %), en dehors des agglomérations (68%).