Féminicide à Béziers : l'ex-compagnon avoue avoir étranglé et poignardé la victime, il a été incarcéré

Publié le

2 jours après le décès d'une jeune femme à Béziers, le père de ses 2 enfants a été mis en examen pour meurtre par conjoint et incarcéré mercredi. Le quadragénaire qui avait pris la fuite à l'issue de son acte criminel s'était rendu aux gendarmes dans l'Aude, le jour même, lundi en début de soirée.

Le drame s'est produit le 16 mai 2022, avenue Clémenceau, à Béziers. La police découvrait le cadavre d'une femme âgée de 37 ans, étranglée et poignardée à son domicile.

À l'issue de la garde à vue du concubin de la victime, le parquet de Béziers a ouvert dans l'après-midi du 18 mai 2022, une information judiciaire du chef de meurtre par conjoint.
Après sa mise en examen par le magistrat instructeur, l'ex-compagnon de 40 ans a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.

En cas de condamnation, il encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Le suspect résidait chez la victime

En l'état des investigations, le procureur de la République de Béziers précise dans un communiqué : "il résulte des nombreuses auditions effectuées par le commissariat de police de Béziers que l'homme était revenu habiter chez la victime, dès sa sortie de détention le 21 mars 2022, malgré son interdiction judiciaire, avec l'accord de la victime, ce dont avait connaissance l’entourage amical et familial. Cette situation avait été cachée au juge de l'application des peines et au service pénitentiaire d'insertion et de probation, y compris à l'occasion d'un appel téléphonique d'un agent de probation à la victime, trois jours avant le drame".

La justice avait proposé à la victime la mise en place d'un bracelet anti-rapprochement, ce qu'elle avait refusé.

Chantage au suicide et jalousie

Les témoins s'accordent à dire que le suspect n'avait pas commis jusqu’alors de violences envers sa compagne, mais qu'il menaçait très souvent de la tuer si elle le quittait. Or, les investigations ont révélé qu'elle avait une autre relation amoureuse depuis plusieurs mois, ce dont son concubin semblait se douter.

Concernant son passage à l'acte, le gardé à vue a immédiatement déclaré aux enquêteurs qu’une nouvelle dispute s'était déclenchée entre eux, à leur domicile, vers 9h30 le 16 mai 2022, alors qu'elle venait de déposer leur fils de 12 ans à l'école et qu’elle s'apprêtait à partir travailler.

Selon sa version, la victime lui aurait annoncé qu'elle voulait le quitter.

Etranglée et poignardée à 10 reprises

Durant sa garde à vue, le quadragénaire a avoué avoir étranglé son ex-concubine au cours de la dispute jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. Puis, il l’a poignardée de plusieurs coups de couteau de cuisine. Il s'est ensuite enfui vers 10h30 avec le véhicule de sa compagne, affirmant n'avoir aucune destination précise, jusqu'à l'aire d'autoroute de l'A.61 où le véhicule a été retrouvé en panne d'essence, à Marseillette dans l'Aude.
Là, il appelait de nouveau les gendarmes en fin d'après-midi, souhaitant se rendre.

L'autopsie confirme un étranglement de la jeune femme ainsi que la présence de 10 plaies par arme blanche, sans aucune lésion de défense. Ce qui laisse supposer que la victime était inconsciente au moment des coups de couteau.

Les investigations se poursuivent désormais sous l’autorité du magistrat instructeur dans le cadre d'une information judiciaire du chef de meurtre par conjoint.

S'agissant des deux enfants du couple, âgés de 12 et 17 ans et placés durant quelques jours, ils sont désormais confiés à des membres de la famille maternelle.

D'après un bilan du ministère de l'Intérieur, 146 femmes ont été victimes de féminicides en 2019 et 102 en 2020. Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes a dénombré 113 féminicides en 2021 et au moins 34 depuis le début de l'année.