Hérault : à la recherche de médecins volontaires pour constater les décès

A Nizas dans l’Hérault, le maire, Daniel Renaud, a traversé un véritable parcours du combattant pour faire constater le décès de l’un de ses habitants. Pour faire face à cette situation, une expérimentation est sur le point d'être lancée à l'aide de médecins volontaires.
Dans certaines zones géographiques, il y a pénurie de médecins. Les praticiens se déplacent si le défunt est l’un de leurs patients. Si ce dernier n’a pas de docteur attitré, cela peut poser problème. / Illustration.
Dans certaines zones géographiques, il y a pénurie de médecins. Les praticiens se déplacent si le défunt est l’un de leurs patients. Si ce dernier n’a pas de docteur attitré, cela peut poser problème. / Illustration. © IP3 PRESS/MAXPPP

L’histoire se déroule à Nizas, une commune de l’Hérault d’environ 700 habitants. Vendredi matin, un homme de 84 ans est retrouvé sans vie, dans sa chambre, par l’un de ses amis.
Le défunt vit seul et n'a pas de famille dans la région. Il n’a pas non plus de médecin traitant.

Le maire de Nizas alerté

Il est environ midi. L’ami du défunt contacte alors le maire du village de Nizas, Daniel Renaud, qui se met en quête d'un médecin pour établir le certificat de décès. C'est là que le parcours du combattant commence. Toute la journée il contacte sans succès les cabinets médicaux du secteur, la gendarmerie, le Samu, l'Agence Régionale de Santé (ARS). Finalement il se rendra à la gendarmerie de Pézenas qui presse le Samu de trouver un médecin. Une solution est trouvée, mais le maire de Nizas est scandalisé.

Ce que je reproche c’est qu’à un moment donné, tout le monde se renvoie la balle. Ce qui me choque également, c’est le manque de disponibilité des médecins. Malheureusement, un décès n’a pas un caractère d’urgence.

Plus de 9 heures après avoir lancé l’alerte, un médecin se déplacera après ses consultations. Il est un peu plus de 20 heures. L’acte est rédigé et les pompes funèbres contactées. 

Un cas loin d’être isolé

Nous avons contacté le Président de l'ordre des médecins de l'Hérault, Xavier de Boisgelin. Il  estime que "la gestion de ce décès est totalement anormale" mais ce n'est pas un cas isolé notamment dans les Ephad. Plusieurs cas similaires se sont produits cet été. Par exemple, un établissement pour personnes âgées dépendantes du département a été obligé de garder tout un week-end,  l’un des pensionnaires décédé un vendredi.

Dans certaines zones géographiques, il y a pénurie de médecins. Les praticiens se déplacent si le défunt est l’un de leurs patients. Si ce dernier n’a pas de docteur attitré, cela peut poser problème selon Xavier de Boisgelin.

Sur le plan déontologique, c’est absolument impensable de laisser un défunt sans certificat de décès. Pourquoi ? Parce que si la famille n’a pas de certificat de décès, elle ne peut rien faire, elle se retrouve complètement démunie, ne peut pas prévoir les obsèques.

L’ordre des médecins et l'ARS connaissent bien le problème. La population vieillit et on manque de médecins surtout dans l'arrière-pays. Ils vont donc lancer une expérimentation d’ici une quinzaine de jours. Pour cela, ils ont envoyé un courrier aux médecins héraultais retraités pour avoir recours à leurs services en cas de nécessité.

Ils le font pour rendre service à la population.

Déjà 70 volontaires

70 d’entre eux ont répondu à l'appel et se portent volontaires. Le Conseil de l’ordre leur a demandé de définir les communes dans lesquels ils pourraient intervenir en espérant couvrir le département. 5 d’entre eux ont pour le moment répondu. Ces médecins seront rémunérés 100 euros par certificat de décès.

A savoir : Quand une personne décède, c’est normalement au médecin traitant de réaliser le certificat de décès. Sinon c’est le médecin de garde. Si aucun de ces cas de figure n’est possible, l’ARS peut être contacté et réquisitionner l’un de ces médecins retraités.  L’ordre est également en train de voir auprès des assurances pour que ces médecins retraités bénéficient d’une responsabilité civile professionnelle.


Voici le reportage complet de Daniel de Barros, Thierry Will, Sauveur Vanni et Elvira Diaz.
 
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