Coronavirus : dans l'Hérault, l'hôtellerie et la restauration s'attendent à souffrir

Tous les spectacles du mois de mars ont disparu du programme du Palais des congrès de La Grande-Motte. / © France 3 Languedoc-Roussillon
Tous les spectacles du mois de mars ont disparu du programme du Palais des congrès de La Grande-Motte. / © France 3 Languedoc-Roussillon

En raison de la propagation du coronavirus, de nombreux événéments ont été annulés dans l'Hérault, avec d'énormes répercussions sur l'économie touristique, de l'hotellerie à la restauration.

Par V.L. avec Jean-Michel Escaffre

Les temps risquent d'être durs, très durs pour les hôtels et restaurants de la Grande-Motte, dans l'Hérault. A la suite de l'arrêté ministériel paru au journal officiel le 10 mars qui interdit tout rassemblement de plus de 1 000 personnes, le Palais des congrès a suspendu tous ses événements du mois de mars. Les hôtels sont presque vides, les terrasses désertées et le quai d'honneur calme.
 
 

"Une situation précaire et instable"


Jacques Mestre, président départemental de l'Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Languedoc-Roussillon, est très inquiet. "Avant, j'étais optimiste, maintenant, je me fais du souci. Nous vivons du tourisme, tout le monde a tendance à l'oublier. Nous sommes complètement impactés, avec l'annulation de repas, de séminaires... Ca allait à peu près depuis ces dernières 48 heures. Les restaurants et les bars sont pénalisés. Nous sommes dans une position précaire et instable."

Un constat partagé par Samuel Hervé, président du MEDEF Hérault. "Les retombées économiques impactent l'économie touristique : hotellerie, restauration, traiteur par l'arrêt de tous les événements."
 

"Sans recettes, comment faire ?"


Le ministre de l'Economie, Bruno Lemaire, a réactivé quelques leviers pour aider les entreprises : mobilisation du crédit impot-recherche, étalement des dettes fiscales et sociales, médiation au crédit vis-à-vis des banques, chômage partiel. Des dispositifs déjà expérimentés durant la mobilisation des "Gilets jaunes". Samuel Hervé s'en réjouit : "L'Etat a réagi très vite."

Jacques Mestre est plus sceptique. Il souligne que la moitié des entreprises - 900 selon lui - qui ont demandé le chômage partiel pour leurs employés viennent de l'hôtellerie et de la restauration.

Les reports de paiement, c'est bien, mais il faudra de toute façon payer et ça se cumulera avec le reste. Les impôts et les assurances seront là. Sans trésorerie ni recettes, comment faire ? Comment on fait dans 3,4 mois ? J'ai peur que certaines villes soient confinées. Il faut que les banques soient avec nous, que tout le monde joue le jeu.


Bientôt en télétravail ?


Samuel Hervé a une autre inquiétude : ce qu'il appelle "les effets retard, pour les entreprises qui dépendent de l'import de produits chinois". Il n'oublie pas non plus "l'éventuel confinement dans les entreprises où les collaborateurs ne pourraient pas se rendre" en cas de passage au stade 3 de l'épidémie Covid-19. "Avec des impacts sur le secteur de la santé, de la restauration collective dans les cliniques et les maisons de retraite..."

Une alternative pourrait bien se développer en masse à mesure que l'épidémie progresse : le télétravail.

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