Montpellier : les paillotes seront de retour cet été entre le Petit et le Grand Travers, mais en version allégée

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Écrit par Isabelle Bris

Feu vert pour les paillotes sur le lido de Mauguio-Carnon, du Petit et du Grand Travers, au sud de Montpellier, dans l'Hérault. La préfecture vient d'autoriser les gérants à ouvrir de nouveau leurs plages, mais à certaines conditions : plus de cuisine sur place, moins de services mais autant de transats.

L'avenir des paillotes, un temps menacé sur les plages de l'Hérault, connait une petite éclaircie : à Carnon, entre le Petit et le Grand Travers, il n'en restait déjà plus que quatre, contre huit avant l'épidémie de Covid-19. 

Ces quatre derniers établissements éphémères ont dû s'adapter cette année à la réglementation, sous peine de disparaître. En effet, un décret du gouvernement, datant de 2019 et désormais appliqué, leur impose de nouvelles contraintes sur les espaces remarquables du littoral, classés Natura 2000.

Pour préserver la biodiversité de ces zones fragiles, les paillotes n'ont plus le droit droit de fabriquer des repas sur place, ni d'accéder en 4X4 sur la plage pour acheminer l'eau, les boissons et autre denrées.

De quoi compliquer la vie des gérants des concessions de plages même si ces derniers sont heureux et soulagés par cette réponse positive de la préfecture : 

Nous sommes très contents de pouvoir ouvrir à nouveau cet été car nous attendions cette réponse depuis des semaines ! Nous allons tenter de nous adapter au mieux en faisant livrer des repas sur place, pour que cela change le moins possible pour nos clients.

Lorenzo,

co-gérant de La Plagette

De nouvelles règles draconiennes

Ce durcissement des dispositions du code de l'urbanisme sur les zones classées Natura 2000, à travers la loi ELAN mise en place en 2019, concerne 36 paillotes sur 79 dans le département.

Avec ces nouvelles conditions d'occupation des sols, "La plagette", installée sur ce espace naturel remarquable depuis 18 étés, va retrouver son aspect initial :

"On repart comme au début, avec une seule cabane et pas de terrasse. Nous n'avons plus le droit non plus de faire tourner le groupe électrogène la nuit, donc ils n'y aura plus de glaces ni de gaufres. C'est dommage pour les enfants.." soupire Lorenzo.

Trois autres plages aménagées installées sur cette portion protégée du lido de Carnon ont failli jeter l'éponge car, pour leurs propriétaires, les contraintes paraissaient insurmontables : il fut question un temps d'obliger les paillotes à tout démonter tous les soirs et à remonter tous les matins.

Finalement, après maintes négociations avec les mairies et les services de l'Etat, un compromis a été trouvé.

Un seul cabanon de 18 m2 est autorisé à être monté pour 6 mois maximum, tout devra tenir à l'intérieur. Par ailleurs, les pare-vents qui protègent les matelas sur la plage seront remplacés par des ganivelles en bois.

Nicolas Weiss, gérant de la plage du Mistral, est soulagé et compte lui aussi s'adapter au mieux: " On est heureux de pouvoir retrouver nos clients cet été ! On se fera livrer les repas qui devront être consommés sur les transats, parce qu'il n'y aura plus de service à table".

Montage encore en attente

Si les gérants des paillotes ont bien reçu le sésame des autorités pour lancer leur  saison estivale 2022, ils n'ont pas encore la date précise : en effet, une dernière réunion doit être programmée avant de pourvoir commencer à monter les structures en bois. 

En attendant, on perd du chiffre d'affaire surtout avec ce beau mois de mai, car en temps normal, nous serions déjà ouverts !

Nicolas Weiss,

gérant du "Mistal"

Gérant du Mistral depuis 5 ans, il dit devoir en plus batailler pour garder son personnel qui risque de s'impatienter et d'aller voir ailleurs pour travailler pendant la belle saison.

Avec ces nouvelles normes imposées aux paillotes, les gérants ont dû se séparer de la moitié de leur saisonniers.

Seules les emprises au sol ne changent pas  : 600 mètres carrés sur la plage, un espace qui devrait pouvoir recevoir d'avantage de transats avec parasols qu'avant, puisque les cabanons, eux, ont été réduit de moitié.