Le 28e Printemps des Comédiens de Montpellier sera politique et militant

De "Macbeth" à "Capital", adaptation de l'oeuvre de Marx, en passant par "Golgota Picnic", pièce controversée de l'Espagnol Rodrigo Garcia, la 28e édition du Printemps des Comédiens de Montpellier, du 3 au 29 juin, aura un fort goût de combat politique.

Affiche 2014 du 28e Printemps des Comédiens de Montpellier
Affiche 2014 du 28e Printemps des Comédiens de Montpellier © site printemps des comédiens

"Tout mon travail dans les théâtres est un travail de combat. Le théâtre est politique. Le verbe est politique. Quand Molière écrit Tartuffe, les gens se battent", explique le directeur de ce festival, Jean Varela, par ailleurs patron de Sortie Ouest, un théâtre sous l'égide du département à Béziers, la ville dont Robert Ménard, soutenu par le Front national, a remporté dimanche la mairie.

"La situation à Béziers n'est pas nouvelle. Depuis presque huit ans, nous menons un travail d'éducation qui n'a pas suffi. Et cela nous interroge : comment pouvons-nous mieux éclairer les cerveaux ?", s'est-il interrogé jeudi, assurant vouloir continuer à travailler comme il l'a toujours fait, car "il faut être intelligent".
"Il faudra être vigilant", prévient-il, alors que le président (PS) du conseil général André Vézinhet a indiqué qu'il maintenait sa subvention de 11 millions d'euros au théâtre.


A Montpellier, au Domaine d'O et quelques autres lieux, la programmation du Printemps des Comédiens, que M. Varela dirige depuis 2011, entre dans ce rôle d'éducation.
"C'est une édition charnière. Si le public nous suit, nous aurons passé un palier. Si le public ne nous fait pas confiance, j'en tirerai les conséquences", ajoute-t-il.

Dans Macbeth, en version opéra sur une musique de Verdi, Brett Bailey va créer le choc de mêler le verbe de Shakespeare à "la litanie des horreurs africaines", guerres, colonisation, esclavage...
Avec "Capital", l'argent sera au centre du débat. Ce sont vingt comédiens qui interprèteront ce texte de 1867. Il s'agit d'une "comédie pure et dure", prévient celui qui en a fait l'adaptation, Sylvain Creuzvault.
Autre pièce, "Marx matériaux, celui qui parle", à partir d'autres textes de Marx, dont la conception est cosignée par le metteur en scène Jacques Allaire et l'acteur Luc Sabot.

"Golgota Picnic" de Rodrigo Garcia, nouveau patron du Théâtre des 13 Vents à Montpellier, est une critique de la société de consommation. Mais elle s'en prend aussi aux intégrismes.Jugée blasphématoire par certains catholiques traditionalistes, cette pièce avait occasionné plusieurs manifestations lors de sa création en France en 2011.

"Les associations vont avoir du mal à aller à genoux de la Comédie aux 13 Vents (sortie de la ville, NDLR)", a ironisé M. Varela, pour lequel c'est une "pièce magnifique à l'écriture dérangeante mais pertinente".


Le "Misanthrope" avec Nicolas Bouchaud dans le rôle d'Alceste, un hommage à Pier Paolo Pasolini avec une pièce intitulée "Une vitalité désespérée", l'humanisme du médecin de campagne avec "Un métier idéal", encore avec Nicolas Bouchaud, sont quelques-uns des autres rendez-vous de ce festival, qui accueillera aussi Hervé Pierre, Michel Piccoli et Jane Birkin pour une lecture à trois des textes de Serge Gainsbourg.
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