Montpellier : cinq mois après, qu'en est-il de l'avancée des halles Laissac ?


Avant/Après : déplacer le curseur pour comparer les halles au fur et à mesure des modifications.

Les halles de Laissac sont en cours de transformation. Cinq mois après les premiers coups de pince à béton jetés, on fait le point sur l'évolution du quartier. 

Par Cathy Dogon

La démolition a débuté depuis cinq mois. Les halles de Laissac seront ensuite reconstruites sous une toute autre allure : exit le parking, et welcome le design façon XIX ème siècle. Du côté des passants du quartier, l'humeur est à l'enthousiasme et à l'impatience. Les personnes interrogées se réjouissent de ces transformations. Appelées la "verrue de Montpellier", les halles pourraient à terme redynamiser les environs en y apportant d'abord l'esthétique, et puis une population plus jeune et côtée. 

Les halles Laissac à travers le temps

Quelques points noirs ne se font en revanche pas attendre : les places de parking qu'offraient les étages du lieu manquent désormais. Et ça ne plaît pas aux commerçants. Les stationnements les plus proches sont payants, et les parkings de Gambetta, Saint Roch et Comédie sont déjà éloignés du quartier.

Gisèle, gérante du Pressing des halles, demande l'installation d'arrêts minute. 

Gisèle tient le Pressing des halles. Les travaux n'ont pas modifié l'affluence dans son commerce. / © France 3 LR
Gisèle tient le Pressing des halles. Les travaux n'ont pas modifié l'affluence dans son commerce. / © France 3 LR
"Le problème ce n'est pas les travaux, c'est l'accès au quartier", explique Gisèle, gérante du Pressing des halles. "On ne peut plus se garer à proximité. Et quand on est chargé, ça fait vite une trotte. C'est surtout ça le souci : ne pas avoir un arrêt minute à proximité pour la clientèle." La circulation étant difficile dans le centre-ville de Montpellier, la spécialiste du fer à repasser à solliciter la ville. "J'ai reclamé des places de stationnement à durée limitée et on nous a promis quelques unes. Mais est-ce que ça va être respecté ?" 

Mais contrairement à ses attentes, Gisèle n'est pas trop affectée par l'activité momentanée du quartier : "pour nous, les travaux n'ont rien changé. Ma clientèle s'organise différemment pour venir. Ce qui a vraiment changé la donne au niveau de la fréquentation, c'est la fermeture du pont de Sète en septembre 2015". 

Plutôt enthousiaste, elle s'allie avec l'ensemble de ses clients : "beaucoup regrettent le parking des halles, même si on trouvait les halles moches. Mais là depuis que les étages descendent... L'apport de lumière est impressinnant. Par contre on a beaucoup de nuisances sonores". Rencontrée il y a quelques mois, Gisèle nous confiait qu'elle s'inquiétait pour la poussière, mais finalement : "on n'est pas vraiment touché par ça, ils essaient de bien limité la propagation de la poussière" lance-t-elle avant de conclure : "une fois la reconstruction finie, ça va être fantastique. Moi, je n'ai pas trop souffert de la fréquentation de ma clientèle par rapport à d'autres. Je pense que ça va apporter à tout le monde, le quartier va être plus côté, c'est certain."  

Mathis, kinésithérapeute dans le quartier, voit les environs évoluer. 

Mathis travaille près des halles Laissac. Selon lui, leur nouvelle apparence va redynamiser le quartier. / © France 3 LR
Mathis travaille près des halles Laissac. Selon lui, leur nouvelle apparence va redynamiser le quartier. / © France 3 LR
"Moi je n'étais pas un grand fan, je ne les trouvais pas très très belles" commence le kinésithérapeute travaillant dans le quartier (et photographié devant la fresque de 416m2 commandée par la ville). "Je suis plutôt content qu'ils les démolissent, ça mettra plus en valeur la Babotte et le bâtiment." Et l'impact sera plus qu'architectural : "autour de ce quartier-là, la population est en train de changer pas mal : Gambetta, ça devient plus huppé comme quartier, c'était délaissé avant et maintenant les prix de l'immobilier augmentent, les gens reviennent."

Pour Véronique, de la boulangerie la Babotte, les halles pourraient à terme ramener des clients. 

Véronique, derrière la caisse de sa boulangerie La Babote, attend avec impatience le retour à la vie du quartier. / © France 3 LR
Véronique, derrière la caisse de sa boulangerie La Babote, attend avec impatience le retour à la vie du quartier. / © France 3 LR
"Depuis 2010 on est en travaux." C'est avec impatience que Véronique, boulangère de la place, attend ces nouvelles halles. "Le tout, c'est qu'on tienne le coup le temps des travaux" car avant ceux des halles, c'est l'installation du tramway qui occupait le quartier. La bouangère n'a quasiment tenu son commerce qu'en temps de poussière et marteaux piqueurs. Depuis la démolition des halles, "on a perdu 20% de notre clientèle : tous les gens qui fréquentaient les commerçants du marché et tous ceux, surtout, qui se garaient dans les parkings." La gérante de la Babote garde le sourire, mais les finances ne sont pas là. Pour autant,  "je suis convaincue que le quartier va être super".

L'ouverture des nouvelles halles est prévue en fin de l'année prochaine, troisième trimestre de 2017. 

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