Polémique sur le genre : à peine 1,5% des écoles de l'Académie affectées par des absences

Béziers (Hérault) - une école primaire - janvier 2014 / © F3 LR
Béziers (Hérault) - une école primaire - janvier 2014 / © F3 LR

Selon le rectorat de Montpellier, 45 écoles sont touchées par des absences d'élèves, sur un total de 2.092 établissements de maternelles et primaires en Languedoc-Roussillon. Peu de parents ont suivi l'appel au boycott, lancé par SMS, mettant en cause un enseignement sur l'égalité homme-femme.

Par Fabrice Dubault


Finalement, la rumeur n'affecte que très peu d'écoles, moins de 1,5% et seul un très petit nombre d'élèves est concerné par des absences dans l'Académie de Montpellier. Toutefois, dans de rares classes, dont les parents sont très mobilisés, l'absentéisme peut être de 15 à 20%.

Des parents d'élèves ont reçu des SMS les incitant à ne pas envoyer leurs enfants à l'école, un jour par mois, pour lutter notamment contre "l'enseignement obligatoire de la 'théorie du genre'". La rumeur court et oblige les politiques à réagir.

A Béziers (34) le boycott de l'école divise
Reportage D.Aldebert et F.Jobard

Christian Assaf, député PS de l'Hérault, demande des poursuites judiciaires contre les auteurs

Le député PS de l'Hérault Christian Assaf a adressé jeudi une lettre au Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, dans laquelle il lui demande de poursuivre en justice les personnes à l'origine des rumeurs d'un prétendu enseignement de la théorie du genre.

"Ces rumeurs infondées, devenues une croisade nauséabonde, sont responsables de troubles à l'ordre public évidents et conduisent au non-respect de l'obligation de scolarisation des enfants", écrit le député.

"Il me semble important que les personnes et mouvements à l'origine de cet appel (au boycott des écoles) et de ces mensonges soient recherchés et poursuivis", ajoute Christian Assaf pour lequel au-delà des "enfants, c'est la République qui est attaquée et c'est donc à la République de répondre".






Depuis vendredi, une centaine d'écoles - sur les 48.000 établissements publics - ont été perturbées par des absences d'élèves après un appel à boycotter l'école, selon le ministère de l'Éducation nationale.

Mercredi, face aux rumeurs à propos d'un prétendu enseignement de la "théorie du genre" conduisant certains élèves à boycotter l'école, le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon a tapé du poing sur la table, demandant aux chefs d'établissements de convoquer leurs parents pour les rassurer et leur rappeler que l'école est obligatoire.

Dominique Bertinotti a estimé, sur RTL, que la rumeur sur la "théorie du genre" enseignée à l'école profite à l'extrême droite.

L'ABCD, outil de sensibilisation à l'école sur l'égalité de droits hommes-femmes

L'ABCD de l'égalité, dans le viseur des organisateurs de boycott des écoles contre un supposé enseignement de la "théorie du genre", est une expérimentation pour lutter contre les stéréotypes filles-garçons à l'école.

Ce dispositif élaboré par le ministère de l'Education nationale et le ministère des Droits des femmes, est expérimenté de la grande section de maternelle au CM2 depuis la Toussaint dans 600 classes de 275 écoles dans dix académies (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Corse, Guadeloupe, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Rouen, Toulouse) pour "faire prendre conscience aux enfants des limites qu'ils se fixent eux-mêmes, des  phénomènes d'autocensure trop courants, leur donner confiance en eux, leur apprendre à grandir dans le respect des autres". Après évaluation, il doit  être généralisé à la rentrée 2014.

Il ne s'agit pas, comme le disent les mouvances qui ont appelé à des journées de retrait de l'école, de nier les différences biologiques entre les filles et les garçons, mais de lutter contre des idées reçues.

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