30 ans du massacre de Tiananmen : Shanshan Sun, de Montpellier, a vécu la rébellion chinoise

Shanshan Sun est calligraphe et professeur de chinois à l'université de Montpellier, 30 ans après avoir quitté la Chine / © Valérie Banabera / France 3 Occitanie
Shanshan Sun est calligraphe et professeur de chinois à l'université de Montpellier, 30 ans après avoir quitté la Chine / © Valérie Banabera / France 3 Occitanie

Shanshan Sun a été l'un des leaders de l'opposition étudiante au président chinois Deng Xiaoping dans sa ville de Panzhihua, dans la province du Sichuan, en 1989. La même année, le 4 juin, a eu lieu le massacre de la place Tian'anmen à Pékin, commémorée ce mardi, trente ans après. 

Par Emma Derome et Jérôme Gaussen

L'image d'un étudiant se tenant debout, seul, face aux chars d'assault de l'armée chinoise sur la place Tian'anmen, à Pékin, le 4 juin 1989 a fait le tour du monde et est restée dans les annales. Trente ans après, jour pour jour, elle hante encore les pensées de Shanshan Sun. 

Aujourd'hui Montpelliérain, ce professeur spécialiste de poésie chinoise et artiste calligraphe a vécu dans sa chair cette période de révolte étudiante contre le président Deng Xiaoping.

Des étudiants et des ouvriers ont manifesté pendant des semaines sur cette célèbre esplanade de la capitale chinoise pour réclamer plus de démocratie et moins de corruption. Un mouvement qui s'est terminé par une terrible répression, dans la nuit du 3 au 4 juin, qui a fait des centaines de morts, voire des milliers selon certains historiens. Une période sombre qui reste encore particulièrement taboue en Chine.


Leader de la rebellion


À ce moment-là, Shanshan Sun, 21 ans, était l'un des leaders de la rébellion dans sa ville de Panzhihua, dans la province du Sichuan, à plus de 2000 kilomètres de Pékin. Arrêté en 1990, il est torturé pendant deux mois et demi puis emprisonné, avant de s'échapper vers la France en 1992. Il obtiendra la nationalité en 1995, et s'établira à Montpellier. 

Installé dans une boutique-atelier de calligraphie rue de la Valfère, il donne aujourd'hui des cours de chinois à l'université de Montpellier. 

 Je pense très très fort, pendant que je travaille,  à ce que j’ai vécu il y a 30 ans. En traçant cette calligraphie, libre, je pense aux gens qui continuent à vivre en Chine.

À Chengdu, dans le Sichuan, il a vu des personnes "s'effondrer puis mourir", ce qui l'affecte encore aujourd'hui. Avec beaucoup d'émotions, il espère une vie meilleure pour tous ceux qui sont restés en Chine.

J’aime la France. Je ne peux pas me trahir, trahir ma liberté. Je pense que la liberté, ce n’est pas seulement la liberté française, mais aussi la liberté chinoise.

Si aucune commémoration officielle n'a été annoncée par la Chine, un rassemblement devrait avoir lieu, ce mardi soir, à Pékin. 
 
30 ans après Tiananmen : Shanshan Sun, de Montpellier, se souvient
Equipe : GAUSSEN Jérôme, BANABERA Valérie, JANNEAU Stéphane

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