Justice : le metteur en scène Alain Françon attendu ce mardi au procès de son agresseur

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Écrit par Yann Gonon .

Un homme de 33 ans comparaît depuis lundi devant la cour d'assises de l'Hérault pour l'agression du metteur en scène Alain Françon à Montpellier. L'artiste, qui avait été gravement blessé à la gorge, doit témoigner ce mardi.

Le metteur en scène Alain Françon, l'un des plus prolifiques du théâtre français, sera entendu ce mardi 6 décembre aux assises de l'Hérault, où il fera face à l'homme accusé d'avoir voulu lui trancher la gorge, en mars 2021 à Montpellier, dont le procès a débuté lundi.

Alain Françon, grand amoureux de Tchekhov, dont la carrière a été couronnée de trois Molières, est attendu à partir de 14h30 au palais de justice de Montpellier, a précisé son avocat, Me Luc Abratkiewicz. Son agresseur présumé, Mohamed Kamel, arrêté 13 jours après les faits, y comparaît depuis lundi, pour "tentative de meurtre". Des faits pour lesquels cet Algérien de 33 ans, arrivé en France à l'âge de 11 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un "vieux" qui l'"aurait mal regardé"

Le 17 mars 2021, le metteur en scène, aujourd'hui âgé de 77 ans, avait reçu un coup d'un objet tranchant, porté par derrière, alors qu'il effectuait une promenade matinale dans le centre de Montpellier, où il était venu animer une formation. Il s'était effondré près de l'hôtel où il résidait, avec une plaie à la gorge d'une dizaine de centimètres lui ayant entièrement sectionné la veine jugulaire. "Il n'a dû son salut qu'à la réactivité des passants et des premiers secours", a relevé la présidente de la cour d'assises.

En fin de garde-à-vue, l'accusé avait fini par reconnaître avoir porté un coup à "un vieux" qui l'"aurait mal regardé" et insulté, tout en niant avoir eu l'intention de le tuer. L'arme utilisée, probablement un couteau ou un cutter, n'a jamais été retrouvée. La blessure était en tout cas trop profonde pour avoir été occasionnée par une chevalière portée au doigt, comme M. Kamel l'a affirmé pendant sa garde-à-vue, a expliqué lundi une enquêtrice de la police judiciaire.

Quelques minutes avant l'agression, ce Montpelliérain qui vivait d'expédients, entre deux passages en prison, avait été refoulé de la préfecture de l'Hérault, située à deux pas, où il n'avait pas pu déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour faute de rendez-vous.

Verdict attendu mercredi

Lors de ses interrogatoires, émaillés de moments de colère, M. Kamel avait lancé qu'il "aimerait être un poseur de bombes et tuer ces sales Français autour de (lui)", a ajouté la policière. Des propos "ambigus" soulignés par le juge d'instruction.

Lundi, Mohamed Kamel a expliqué que ces mots étaient en fait une réponse à un policier qui le "narguait": "Je n'ai rien contre la France ou les Français", a assuré l'accusé, qui doit être entendu plus précisément sur les faits mardi, à la veille du verdict attendu mercredi.

Une psychologue, qui l'a rencontré en prison dans le cadre de l'enquête, l'a décrit lundi comme un homme "impulsif", à la "pensée pauvre", qui "n'assume pas grand-chose" et à la "personnalité très psychopathique". Elle a jugé "très aléatoire" sa réadaptation à la société.

Ecrit avec l'AFP.

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