• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT

Dons pour Notre-Dame : les défenseurs du patrimoine local dubitatifs comme à Saint-Guilhem-le-Désert

Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert. / © RICHARD DE HULLESSEN / MAX PPP
Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert. / © RICHARD DE HULLESSEN / MAX PPP

Les dons pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris affluent par centaines de millions, mais qu'en est-il de l'héritage local, comme à Saint-Guilhem-le-Désert où des dons sont nécessaires pour restaurer l'abbaye ? Les défenseurs du patrimoine dénoncent une certaine "indécence". 

Par Aurélia Abdelbost

L'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, dont les murs datent du XIIe siècle a ouvert au public le rez-de-chaussée de l'édifice, la salle capitulaire. Mais au premier étage, le dortoir des moines doit encore être totalement restauré. Un projet de près de 2 millions d'euros est en attente, faute de financement.
 

"Une petite indécence"

Une somme pourtant minime par rapport aux dons d'un demi-milliard d'euros proposés par les trois plus grosses fortunes françaises pour Notre-Dame de Paris. "Il y a une petite indécence quand même à proposer le jour même où un bâtiment brûle 200 millions d'euros dans un contexte où les gens tirent beaucoup la langue", fait remarquer Philippe Machetel, maire de Saint-Guilhem-le-Désert. "Si ces dons sont défiscalisés, en fin de compte ce seront tous les Français qui paieront et si les Français ne paient pas pour la déficalisation de ces dons, ça veut dire qu'il faudra pomper sur tous les budgets de la culture, y compris les budgets de tous les autres monuments", ajoute-t-il.
 

Privilégier les édifices locaux

De son côté, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a déjà annoncé un don d'1,5 million d'euros pour la reconstruction de Notre-Dame. Pour l'historien des religions Odon Vallet, partout en France, il faut privilégier les édifices locaux. "En milieu rural, il y a de beaux petits monuments qui sont sur le point de tomber en ruines et d'être fermés par arrêté de péril. Il faut que l'argent aille plutôt vers ces édifices de proximité", explique-t-il.
 

Le président des Compagnons de Maguelone est en recherche permanente d'argent pour le domaine mais il salue tout de même la générosité des donateurs. "Notre seule préoccupation est que ça n'assèche pas les généreux donateurs sur la France entière, mais c'est formidable qu'il y ait un tel élan de solidarité", souligne-t-il.


Reportage de Jérôme Gaussen et Nicolas Chatail.

 

Sur le même sujet

... adoptée par les cyclistes

Les + Lus