Hérault : le département a un plan pour développer l'irrigation agricole sur plus de 22.000 hectares

Le barrage du lac du Salagou construit entre 1964 et 1968 est destiné à l’irrigation et à l'écrêtement des crues de la rivière Salagou, affluent de la rivière Lergue qui se jette dans l'Hérault. / © D. De Barros/FTV
Le barrage du lac du Salagou construit entre 1964 et 1968 est destiné à l’irrigation et à l'écrêtement des crues de la rivière Salagou, affluent de la rivière Lergue qui se jette dans l'Hérault. / © D. De Barros/FTV

Fin 2018, le conseil départemental de l'Hérault a voté un "schéma irrigation" pour soutenir agriculteurs et viticulteurs face au changement climatique. Plusieurs pistes sont étudiées comme moderniser les réseaux existants ou élever le niveau du lac du Salagou. Pour un coût de 310 millions d'euros.

Par Daniel De Barros

En cette fin septembre, les vendanges s'achèvent dans l'Hérault. A la cave coopérative Clochers et Terroirs de Puilacher, les cuves se remplissent mais moins qu'avant. "Par rapport à l'an dernier, on est à moins 30%, voire moins 50% pour certains, déplore Jacques Henry, le président de la cave coopérative. Et 2018 était déjà une année moyenne. Tout cela est dû à la canicule. Sur certaines parcelles, la vigne souffre tellement qu'on perd le végétal et la vigne meurt ". 

Sur les 187.600 hectares de surface agricole utile (SAU) de l'Hérault, 83.400 ha sont en vignes, ce qui représente 45% de la SAU héraultaise.
Avec 283 communes viticoles sur les 343 communes de l’Hérault, le département s’impose comme le 1er département viticole d’Occitanie et le 2e département viticole français. Mais pour produire, la vigne a besoin d'eau.


Sans irrigation... la vigne meurt


La canicule de 2019 à conforter un constat, les rares viticulteurs du secteur qui irriguent leurs vignes s'en sortent mieux que les autres. Donc, les mentalités changent.

Après avoir interdit l'irrigation, la profession s'aperçoit que face au changement climatique, sans apport d'eau, leurs exploitations sont menacées. Et les besoins sont immenses.
 

© Agriculture et territopires
© Agriculture et territopires


Ce constat, les politiques locaux l'ont déjà fait et organisent la résistance comme rehausser le niveau du lac du Salagou. C'est l'une des pistes étudiées par le conseil départemental de l'Hérault pour développer l'irrigation. Avec l'apport de la Lergue, la réhausse du lac permettrait de récupérer un million de litres d'eau. Une sorte de retour aux sources car, à l'origine, le lac du Salagou a été créé pour l'irrigation.

Sur les trente dernières années, les températures de l'Hérault ont augmenté de 0,3 à 1,5°C et les projections 2050 font état d'une hausse d'1°C à 2,5°C. Conséquence : des sécheresses plus longues et plus fréquentes qui menacent la pérennité des cultures et en particulier des vignes. Fort de ce constat, le conseil départemental de l'Hérault prépare l'avenir avec son schéma Hérault Irrigation.


Objectif : irriguer 22 400 hectares de plus en 2030


L'Hérault veut aussi moderniser les réseaux existants, s'appuyer sur les apports du hydrolique régional comme Aqua-Domitia ou, en dernier recours, créer des retenues hivernales.
 

La carte des réseaux d'eau existants et des travaux de connexions. / © BRL
La carte des réseaux d'eau existants et des travaux de connexions. / © BRL


Un projet ambitieux avec l'objectif d'irriguer 22.400 hectares supplémentaires de terres agricoles d'ici 2030.

Tout cela pour aider un secteur économique majeur de l'Hérault.
 

L'agriculture et la viticulture, c'est le deuxième PIB (produit intérieur brut) derrière le tourisme, souligne Yvon Pellet, conseiller départemental en charge de l'irrigation. Et ce que nous voulons, c'est une irrigation raisonnée, modérée, quand on en aura besoin.


Une précision qui n'est pas neutre. Car l'eau devient une denrée rare et les associations de protection de l'environnement et certains maires veillent au grain.
 

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