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Hérault : on travaille depuis des décennies pour diminuer l’utilisation des pesticides

Dans l'Hérault, depuis de nombreuses années les chercheurs travaillent sur de nouvelles façon de cultiver en utilisant le moins de pesticides possible - octobre 2018 / © France 3 LR / E.Garibaldi
Dans l'Hérault, depuis de nombreuses années les chercheurs travaillent sur de nouvelles façon de cultiver en utilisant le moins de pesticides possible - octobre 2018 / © France 3 LR / E.Garibaldi

La semaine dernière, le ministre de l’Agriculture affirmait que les scientifiques devaient prouver l’impact des pesticides sur la santé. Dans l’Hérault, cela fait réagir car depuis 20 ans les chercheurs alertent sur les conséquences liées à l’utilisation de pesticides.

Par JM avec C.Agullo


"C'est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu'il y a des conséquences à l'usage des pesticides ou pas", a assuré vendredi 19 octobre le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, lors d'un entretien à RTL. 

Le ministre a notamment fait allusion aux bébés nés sans bras en ajoutant "sur la question des bébés sans bras il faut que la science fasse son travail". Une affirmation qui a fait réagir dans le monde scientifique, évidemment.

A Montpellier, le docteur Chevallier s’étonne qu’un ministre puisse ignorer les conclusions de rapports alarmants, réalisés par des instituts publics de recherche.
 

Ce qui est surprenant de la part d’un ministre aujourd’hui, c’est qu’il semblerait tenir plus compte de l’avis scientifique des firmes que de l’avis de ses propres services de l’Inra et de l’Inserm.

 

Le principe de prudence bafoué


Selon ce docteur, un certain nombre de maladies comme le lymphome, la maladie de Parkinson ont été reconnues comme étant des maladies professionnelles liées aux pesticides. Les agriculteurs qui cultivent ont des risques de tomber alors il se pose la question, est-ce que moralement, on a le droit de consommer ces produits ?

Il justifie cela par le principe de précaution, il est utilisé quand on ne sait pas nous confie-t-il, or là il y a des éléments où l’on sait, donc c’est le principe de prudence qui est bafoué.
 

Des jeunes générations qui veulent mieux se protéger


Si autrefois, on ignorait tout des risques encourus, désormais les jeunes générations d'agriculteurs en ont conscience et veulent mieux se protéger en réduisant l'utilisation des substances chimiques. Rémi Dumas est viticulteur dans l’Hérault, il est lui passé en agriculteur raisonnée :

On fait attention à ce que l’on apporte sur nos cultures, on est les premiers concernés, on ne va quand même pas se tuer nous même ! Aujourd’hui, on nous dit de mettre moins de produit, on le fait, on en a envie aussi. Mais attention, il nous faut aussi avoir du revenu et donc du rendement.

 

Rester productif en diminuant l’emploi des pesticides : le travail des scientifiques du CIRAD


Eric Malézieu et son équipe travaillent depuis dix ans sur des alternatives aux produits chimiques, comme les filets anti-insectes qui réduisent considérablement l'usage de pesticides dans les cultures maraîchères.

En France, un débat s'est ouvert sur l'utilisation d'un puissant pesticide, le glyphosate.
Pour certains biologistes comme Elisabeth Mandart, les conséquences de l’interdiction du glyphosate peuvent être dramatiques.

Le glyphosate c’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt, car d’autres herbicides qui risquent d’être beaucoup plus toxiques que le glyphosate.


Face à la puissance des lobbys, les travaux des scientifiques peinent à s'imposer. Les médecins, chercheurs se demandent combien d'études seront encore exigées pour que le principe de prudence soit respecté.
 

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