Dans l'Hérault, les terres agricoles grignotées par des constructions immobilières

Dans l'Hérault, de nombreux terrains agricoles, particulièrement fertiles, sont vendus à des promoteurs immobiliers pour la construction de logements, bureaux ou centres commerciaux. Une situation que déplorent les agriculteurs qui craignent pour l'avenir de leur activité. 

Par C.C

Camille Banton, jeune agricultrice héraultaise qui entre dans la profession, voit progressivement son terrain viticole fraîchement acheté transformé en commerces et logements. 

"On vient de s'installer et de faire des investissements. On ne sait pas si dans 10 ans notre exploitation existera encore. On ne sait pas si on doit changer de travail ou tout du moins notre façon de travailler", déplore Camille Banton.

Dans le département, de nombreux terrains agricoles, particulièrement fertiles, sont vendus à des promoteurs immobiliers privant ainsi les agriculteurs de surfaces à bon rendement. Au milieu des champs poussent des zones pavillonaires, des bureaux ou encore des supermarchés. 

"Au niveau national, il y a une accelération de la consommation des espaces agricoles depuis 2014. En Occitanie, cela est encore plus grave du fait de la pression démographique qui pousse à la création de logements et d'infrastructures", explique de son côté Sophie Mazon, jeune apicultrice dans le Gard et ingénieure agricole. 

"On ne peut pas blâmer les agriculteurs. Un terre vendue à une agriculteur coûtera 5 000 euros l'hectare. Cela montera à 250 000 euros pour un promoteur !" ajoute la jeune ingénieure. 

Dans l'Hérault, les terres agricoles grignotées par des constructions immobilières
L'analyse de Sophie Mazon, jeune apicultrice dans le Gard et ingénieure agricole


Créer une taxe béton


Pour mettre un frein à cette dérive, Nicolat Hulot envisage la création d'une redevance, une "taxe béton" dont les paramètres sont encore flou. "Il faudrait qu'on arrête de construire sur des terres irrigables" insiste Rémis Dumas, du Syndicat des jeunes agriculteurs. "J'espère que cette taxe découragera les promoteurs et permettra de sanctuariser des terres agricoles". 

Une autre mesure va être mise en place. Dès 2018, ce ne sont plus les municipalités qui choisiront de délivrer ou non un permis de construire. Ce sont les métropoles et l'intercommunalié qui statueront.

"Avant chacun ce qu'il faisait. Maintenant, on travaillera tous ensemble avec le souci de préserver les terres agricoles", félicite Yvon Pellet, délégué à la viticulture  Montpellier Métropole. 


Dans l'Hérault, les terres agricoles grignotées par des constructions immobilières
Dans l'Hérault, de nombreux terrains agricoles, particulièrement fertiles, sont vendus à des promoteurs immobiliers pour la construction de logements, bureaux ou centres commerciaux. Une situation que déplorent les agriculteurs qui craignent pour l'avenir de leur activité.





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