Les thérapies de conversion qualifiées de délit, le soulagement des associations LGBT de Montpellier

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Depuis ce mardi 25 janvier, les thérapies de conversion sont reconnues comme des délits. Une victoire pour l'association LGBT Fierté Montpellier Pride et Jean-Michel Dunand, victime originaire de Montpellier qui a participé aux débats à Paris.

Deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. C'est la condamnation inscrite dans le Code pénal depuis ce mardi 25 janvier pour toute personne pratiquant des thérapies de conversion. 

Le concept archaïque est né dans les années 1970 aux Etats-Unis puis s'est rapidement exporté en Europe. Olivier Baillé, président de l'association Fierté Montpellier Pride, définit le phénomène : « Une thérapie de conversion est une pratique médicale ou paramédicale qui vise à faire changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. C'est une forme de torture qui est imposée et peut aussi passer par des nouvelles médecines douces voire par des actes d'exorcisme. »

Des thérapies qualifiées de délit

Depuis le vote de la loi ce mardi 25 janvier, ces thérapies sont désormais qualifiées de délit. Le texte a été adopté à l’unanimité par les 142 députés votants.

On est ravis de cette nouvelle ! Parce que même s'il existait un arsenal juridique divers, maintenant c'est marqué dans le Code pénal

Olivier Baillé, président de l'association Fierté Montpellier Pride

En effet, les thérapies de conversion étaient déjà passibles de correction aux yeux de la loi. Mais pour d'autres chefs d'accusation : harcèlement moral, violences, maltraitances...

Des victimes à Montpellier

« Dans les faits récents, il y a moins de psychiatre qui mettent en place des thérapies de conversion » explique le président de Fierté Montpellier Pride. Mais la rapporteuse de la loi, la députée LREM Laurence Vanceunebrock aurait, selon lui, recueilli des témoignages datant d'environ 5 ans de personnes passées par ce genre de thérapie à Montpellier.

Jean-Michel Dunand, a été, lui, victime de ces thérapies à la fin des années 80. Le montpelliérain a été l'une des premières voix à se faire entendre dans un livre paru en 2011. Il a partagé son témoignage devant les ministres, ce mardi 25 janvier à Paris. Il raconte : " Je consacre beaucoup d'énergie pour être dans la prévention, on a enfin des mots qui sont posés sur la réalité." 

Devant les ministres, son premier mot a été "gratitude". Un remerciement envers les politiciens et surtout la jeunesse qui s'est emparée du phénomène. Grâce collectif "Rien à Guérir", dont est membre Jean-Michel Dunand, les témoignages ont fleuri sur les réseaux sociaux et ont permis d'aboutir à cette loi.

 

Une jurisprudence à traduire dans les commissariats

Les pratiquants des thérapies de conversion sont désormais qualifiés de délinquants. Or pour les identifier et les punir, il faut d'abord passer par la case police. Une démarche à prendre en compte pour Olivier Baillé : « La première chose à faire après le passage de cette loi, c'est que les personnes qui subissent ces thérapies puissent porter plainte. Il faut que les délits soient correctement qualifiés par la police. »

Le président de l'association LGBT montpelliéraine appelle donc à une réelle formation des policiers sur le sujet, pour que les faits dans les procès potentiels soient correctement reconnus.