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Montpellier : le cinéma Royal à nouveau occupé par les militants anarchistes avec les Gilets jaunes

Le cinéma Royal à Montpellier à nouveau occupé. Militants anarchistes et Gilets jaunes veulent en faire une Maison du peuple - 10/05/2019 / © S.Banus
Le cinéma Royal à Montpellier à nouveau occupé. Militants anarchistes et Gilets jaunes veulent en faire une Maison du peuple - 10/05/2019 / © S.Banus

Des gilets jaunes et des militants anarchistes occupent ensemble l'ancien cinéma Royal à Montpellier. Objectif : en faire une maison du peuple, un lieu de réunion pour les Gilets jaunes. Une demande du mouvement social depuis plusieurs mois, présentée à la mairie de Montpellier sans succès à ce jour

Par C.Alazet avec S.Banus

Un an après la fin de la première occupation de l'ancien cinéma Royal, les militants anarchistes sont de retour. Mais pas tout seuls.
 

Les militants ont repris possession des lieux le 27 avril 2019.  Mais dans un contexte et dans un but différent de la première époque d'occupation du cinéma, soldée le 11 mai 2017 par une évacuation sur ordre du tribunal.
 


L'objectif de cette deuxième séquence d'occupation : offrir aux Gilets jaunes un lieu de réunion et de discussion qui n'existe pas à Montpellier, malgré les demandes des Gilets jaunes locaux.

Pour Dax, militante, les Gilets jaunes ont participé aux mêmes manifestations et les mêmes confrontations avec les forces de l'ordre, semaine après semaine.

Ils ont pris les coups et les grenades avec nous. Du coup on a discuté et on s'est rendu compte qu'il y avait des choses qu'on pouvait partager. Ils parlent d'égalité, de fraternité, comme nous. Donc oui on se retrouve chez eux un peu.

Dans la soirée du vendredi 10 mai, les militants anarchistes et leurs alliés des Gilets jaunes ont organisé une soirée pour sceller leur union. 

Avant de débattre, ils ont projetté le film "il suffira d'un gilet" tourné à Saint Nazaire. Un  film qui retrace la création de la maison du peuple locale.

Le reportage de Sébastien Banus et Franck Detranchant :

A Montpellier, les Gilets jaunes ont fait de nombreuses demandes à la mairie pour pouvoir bénéficier d'un lieu de réunion. 

Dans le courrier qu'ils ont publié dans la presse, on peut lire leur lassitude de ne pas être pris en considération depuis le 1er décembre 2018, malgré leurs nombreuses relances.

Chaque dimanche après-midi depuis le mois de décembre (...), entre 150 et 300 personnes se sont réunies dehors, d’abord à Odysséum et maintenant aux Jardins du Peyrou à 14h. 
Après nous être fait chasser des ronds-points, espaces publics que nous occupions pacifiquement et qui nous permettaient de dialoguer librement avec la population, nous vous avons à plusieurs reprises demandé l’accès à une salle en centre-ville quelques heures par semaine. (...) 
Nous ne sommes pas dupes du fait qu’une solution aurait été trouvée depuis longtemps si l’affaire avait été prise au sérieux.

Mais contrairement à Sète par exemple, ils n'ont pas eu gain de cause, auprès de la mairie, malgré leurs relances, comme l'explique Christophe, Gilets jaunes de Montpellier.

On nous a fait croire longtemps qu'on nous répondrait. Et c'est toujours resté lettre morte. On a transmis à monsieur Saurel une lettre ouverte le 14 février pour lui demander très officiellement un local. Et depuis, on n'a rien.

L'occupation a été portée devant les tribunaux. Elle sera jugée lundi 13 mai au matin par le tribunal de grande instance de Montpellier et pourrait faire l'objet d'une mesure d'expulsion très rapide.

La 1ère occupation a duré 9 mois et s'est soldée par une expulsion musclée des squatteurs

Pendant 9 mois, de jeunes étudiants, travailleurs pauvres et précaires, certains appartenant aux milieux anarchistes, ont transformé le cinéma inexploité depuis 2015 en "lieu politique et culturel", avec des concerts, des projections de films, des débats.

Mais les propriétaires du cinéma souhaitaient le transformer en immeuble d'appartements. Un projet immobilier qui entrait dans la rénovation de la rue Boussairolles, toute proche de la place de la Comédie à Montpellier.

Ils ont donc fait appel à des huissiers, puis eu recours à la justice en 2016.

Mais le tribunal de grande instance de Montpellier a tranché en faveur des occupants, faisant prévaloir le droit au logement sur le droit à la propriété. 

Les propriétaires ont fait appel de ce jugement et obtenu gain de gain devant la cour d'appel de Montpellier.

En mars 2017, la cour d'appel de Montpellier a ordonné l'expulsion des squatteurs, estimant que "l'occupation sans droit ni titre des locaux en cause caractérise un trouble manifestement illicite" et mettant en avant "l'atteinte au droit de propriété" ainsi que les "conditions dans lesquelles s'effectue l'occupation".

La cour n'a pas reconnu aux squatteurs "un état de nécessité justifiant l'occupation de l'immeuble".

La famille Aubert est toujours propriétaire de l'ancien cinéma. Elle est associée avec le promoteur Bec pour le projet d'aménagement résidentiel du site.
Un projet par ailleurs contesté par une association de riverains.


 

 

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