Mort de Kim Lavaud en Angola : le parquet de Montpellier ouvre une information judiciaire

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Écrit par Josette Sanna .

Le parquet de Montpellier vient d'ouvrir une information judiciaire contre X pour homicide involontaire suite au décès de la jeune femme en Angola l'an dernier. Kim Lavaud travaillait à l'ambassade de France à Luanda lorsqu'elle a contracté le paludisme.

Le parquet de Montpellier vient d'ouvrir une information judiciaire contre X pour homicide involontaire suite au décès d'une jeune héraultaise de 24 ans en Angola l'an dernier. Kim Lavaud était volontaire internationale à l'ambassade de France à Luanda lorsqu'elle a contracté le paludisme. Elle est morte quelques jours plus tard. Sa famille n'a de cesse depuis, de dénoncer une défaillance de l'Etat.  Son cri d'alarme a été entendu : le parquet de Montpellier a ouvert une information judiciaire contre X pour homicide involontaire.

Délier les langues

"Cela a été un soulagement. Enfin on a été entendus, enfin on va pouvoir avoir des réponses, les langues vont se délier. Jusqu'à présent personne n'avait le doit de parler. Nous n'avons pas de réponses aux questions qu'on pose", confie Christel la mère de Kim à Sébastien Banus et Franck Detranchant, notre équipe de journalistes de France 3 Occitanie.

Ballotée entre un dispensaire une clinique

Kim Lavaud était volontaire internationale à l'Ambassade de France à Luanda lorsqu'elle a contracté le paludisme. Après une semaine d'errance entre le dispensaire et la clinique de la capitale Angolaise, son état s'est aggravé. Elle est décédée seule dans un service de réanimation aux moyens rudimentaires. Une enquête administrative avait été diligentée par le ministère. Mais elle est loin d'avoir répondu aux innombrables questions de la famille. Avec cette ouverture d'information, l'espoir de connaitre un jour la vérité renaît.

"On sait que ça va durer. On est prêts à ce que ça dure. Tout dépendra des moyens mis en œuvre pour obtenir ces réponses. 

On n'a pas eu les moyens d'évacuer cette jeune femme dans de bonnes conditions, j'espère qu'on aura les moyens de comprendre pourquoi on a été incapables de le faire.

Mikael d'Alimonte

Avocat de la famille Lavaud

Ce drame s'est en moins d'une semaine, à Luanda dans la capitale angolaise ou vivait et travaillait la jeune femme.

Le dimanche 6 juin, prise de violents maux de tête fort la jeune femme pense avoir contracté le paludisme. Selon ses parents, elle va seule, elle-même, de pharmacie en pharmacie dans les rues de Luanda pour trouver des médicaments afin de soigner cette première crise de paludisme. En vain. Il n'y en a pas non plus à l'ambassade de France.

Forme grave de paludisme

Hospitalisée le mercredi dans la capitale angolaise au sein d'un établissement qui réclame 1000 euros d'emblée et qui est dépourvu de service de réanimation, le diagnostic tombe : elle a contracté une forme grave de paludisme. Son état est tel que les médecins locaux recommandent son évacuation sanitaire, ses chances de survie sont encore à ce moment-là de 70%, selon sa famille qui transmet toutes les informations dont elle dispose à des médecins de Montpellier.

Décédée sur place

Parallèlement, son assurance tente de lui trouver une place dans un hôpital en Afrique du Sud, mais l'avion n'arrivera jamais à temps. Le vendredi, l'état de Kim se dégrade encore, il faut l'intuber, elle meurt le samedi matin à Luanda. Ses parents l'apprennent le samedi soir, quand les gendarmes viennent sonner à leur porte, à Saint-Jean-de-Védas.

Les possibles carences de l'Ambassade de France

Au moment de la mort de Kim Lavaud, l'Angola a connu une explosion du nombre de cas de paludisme et a enregistré plus de 5000 décès à cause de la maladie. Selon les premiers éléments recueillis par la famille, l'Ambassade de France, qui compte 50 fonctionnaires à Luanda, n'avait à l'époque aucun plan de prévention des risques.

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