Mort de Thomas à Crépol : des "ratonnades" suggérées par une ancienne candidate du parti Reconquête, SOS racisme porte plainte

Florence Medina, ancienne candidate du parti Reconquête aux législatives dans l'Hérault, a proposé un retour aux "ratonnades", c'est-à-dire à des expéditions punitives exercées contre des personnes d'origine nord-africaine, en réaction à la mort de Thomas, 16 ans, à Crépol dans la Drôme.

C'est un message publié le 20 novembre 2023 par Florence Medina, ancienne candidate du parti d'Éric Zemmour Reconquête dans la première circonscription de l'Hérault lors des élections législatives de 2022. "Dans les années 80 il existait des ratonnades - au risque de choquer on peut recommencer", a-t-elle posté sur sa page Facebook. L'ancienne candidate s'exprimait après la mort de Thomas, 16 ans, à Crépol dans la Drôme. L'adolescent a été tué lors d'un bal de village dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 novembre.

Les "ratonnades", c'est-à-dire des "expéditions punitives ou brutalités exercées contre des Maghrébins", selon la définition du Larousse. Celles-ci ont notamment eu lieu en France dans les années 50 et 60, durant la guerre d'Algérie.  

Parmi les neuf personnes placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête, tous sont Français, nés à Romans-sur-Isère pour la plupart, sauf l'un d'entre eux qui est né en Italie, indique TF1 sur son site internet.

Plusieurs plaintes déposées

Les mots de Florence Medina ont fait réagir plusieurs associations. "Ce sont des propos qui incitent à la haine et qui montent en grade en termes de violence", réagit Illhem Goulli Farid, une ancienne présidente de la section de SOS racisme de l'Hérault. "Il y a une aggravation des mots. On peut insulter les Maghrébins sans qu'il y ait de réaction, notamment du côté des élus."

"L'extrême droite instrumentalise la mort d'un jeune, s'indigne de son côté Sophie Mazas, avocate et présidente de la section de la Ligue des droits de l'homme de l'Hérault. Ce sont des propos qui nécessitent une réponse pénale".

Dominique Sopo, le président national de SOS racisme, a annoncé lui aussi le dépôt d'une plainte de l'association pour incitation à la haine raciale.

Illhem Goulli explique avoir également déposé plainte auprès du procureur de la République de Montpellier, Fabrice Belargent. Contacté, ce dernier indique ce vendredi 24 novembre ne pas souhaiter "réagir dans l'instantanéité" : "Cela mérite un temps d'analyse, d'identifier clairement le message original. Il y aura donc une réponse mais certainement pas aujourd'hui"

"Elle ne fait plus partie de Reconquête"

Contactée, la coordinatrice départementale de Reconquête dans l'Hérault, Nicole Mina, indique que Florence Medina "ne fait plus partie du parti" pour lequel elle a été candidate. Elle l'a quitté peu après le scrutin. "Ses propos n'engagent qu'elle et ne correspondent pas à ce que peut dire Reconquête", indique Nicole Mina. 

Contactée, l'intéressée précise que "ce message était à l'encontre des personnes qui ont attaqué les jeunes [lors de la soirée de fête à Crépol, dans la Drôme, où Thomas a été tué, NDLR.]" Interrogée sur la légalité de ses propos, elle réitère ses paroles. Pour elle, il s'agit d'une question "à charge". Florence Medina précise également avoir reçu des menaces de mort. "On a le sentiment d'une impunité, on se demande quelle est la solution", juge-t-elle.