Occitanie : un nouveau logo dévoilé à Montpellier pour les vignes “en conversion” vers le vin bio

Montpellier - un nouveau logo CAB "en Conversion vers l'Agriculture Biologique" dévoilé pour les vignes en transition vers le vin bio - 24 juillet 2018. / © F3 LR
Montpellier - un nouveau logo CAB "en Conversion vers l'Agriculture Biologique" dévoilé pour les vignes en transition vers le vin bio - 24 juillet 2018. / © F3 LR

La conversion d'une exploitation en bio est un choix écologique souvent payant. Mais il nécessite de gros investissements et une période d'adaptation et de certification qui dure 3 ans. Pour aider les viticulteurs pendant cette transition, la Région innove et crée le logo CAB pour les valoriser.

Par Fabrice Dubault


Un nouveau logo CAB "en Conversion vers l'Agriculture Biologique", destiné à aider les viticulteurs en transition vers le bio en Occitanie et à répondre à une forte demande des consommateurs, vient d'être présenté par les dirigeants de Sudvinbio à Montpellier. 
Ce nouveau logo, les lettres blanches CAB se détachant sur un fond vert clair, sera mis en place dès la récolte 2018, a précisé Patrick Guiraud, président de Sudvinbio, lors d'une conférence de presse.

Un logo éphémère donc pour le vignoble avant d'atteindre le graal, le label AB.
Créé et géré par l'association Sudvinbio, il sera apposé sur les bouteilles de vins d'Occitanie dès les millésime 2018. Il faudra pour cela être en deuxième ou troisième année de conversion.

Les vignerons concernés pourront revendre leur vin aux négociants à 90% du prix du bio. Un contrat gagnant-gagnant pour encourager les conversions. Très nombreuses entre 2005 et 2015, elles ont tendance à stagner.  Or, la demande est très forte.

L'initiative est largement soutenue par la Région Occitanie, déjà exemplaire en matière de bio mais tous les acteurs espèrent voir 50% des viticulteurs convertis au bio, d'ici à 10 ans.
 

 

Un logo pour gagner des parts de marché notamment à l'export



Ce label Occitanie vise notamment à "prendre des parts de marchés" par rapport à l'Espagne ou l'Italie", a expliqué le président de cette organisation interprofessionnelle créée en 1991. Mais, il ajoute "l'idée c'est aussi de relancer les conversions" dans un contexte de ralentissement dû notamment à l'âge moyen des vignerons en Occitanie, autour de 60 ans.

Le processus de conversion nécessite trois ans de pratiques culturales et de vinification bio, le vin ne peut être certifié bio (A.B.) qu'à partir de la 4ème vendange.
 

"Avec l'avenir plus qu'incertain du glyphosate, beaucoup de vignerons sont tentés par l'aventure du bio mais ces trois années sont difficiles à traverser, c'est 40 à 50% d'investissement en plus", souligne Nicolas Richarme, président de la commission Millésime Bio de Sudvinbio.
 

Les viticulteurs d'Occitanie qui souhaitent pouvoir commercialiser leurs vins sous ce label devront signer une charte qui stipule notamment qu'ils doivent être en deuxième ou troisième année de conversion vers le bio et qu'ils suivent le règlement de vinification bio. 
Ils devront également fournir une analyse des résidus pour chaque lot et la mise en rayon de ces vins ne devra pas prêter à confusion avec le logo AB, soulignent les dirigeants de Sudvinbio.

Ces derniers se donnent pour objectif "ambitieux mais réaliste" de faire de l'Occitanie la première région de vin bio au niveau européen, avec la moitié des surfaces de vignes en bio dans 10 ans.

"On a essayé de porter ce logo au niveau national et ça a été compliqué", explique M. Guiraud, qui met en avant des "lourdeurs administratives" alors qu'il faut être "réactif".


"Avec le succès que ça va avoir, d'autres régions vont suivre et ce statut sera national dans quelque temps", assure Gérard Bertrand, vigneron et propriétaire de domaines viticoles.

La région Occitanie "soutient cette initiative car derrière il y a une création de richesse, de valeur sur le territoire", souligne Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la région Occitanie en charge de l'agroalimentaire et de la viticulture.
 

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