Premier témoignage d'une jeune musulmane assignée à résidence à Montpellier

Publié le Mis à jour le
Écrit par Fabrice Dubault .

Depuis les attentats de Paris, 266 assignations à résidence ont été prononcées en France. Dans la région, certaines voix s'élèvent pour contester la mesure. Parmi elles, une jeune étudiante en médecine, assignée à résidence à Montpellier. Elle va saisir le tribunal administratif.



Emilie* a 22 ans, elle est étudiante en médecine, à Montpellier, et est assignée à résidence, depuis le 16 novembre.

Tout a débuté, 3 jours après les attentats de Paris, par une perquisition administrative dans son studio. Il était 1h30, ce matin là.



Ils ont éclaté la porte de chez moi, et ils sont rentrés, dans un petit studio de 20m2, ils étaient une vingtaine. Ils étaient armés. Ils m'ont mis à genoux, ils m'ont mis les mains derrière le dos, et ils m'ont menotté. (...) Ils m'ont fait signer des papiers sous la panique, j'avais peur, j'ai signé sans lire. (...) ensuite j'ai découvert que ce n'était que des mensonges. (...) On m'accuse de terrorisme, je suis un danger pour la sécurité nationale, pour la sécurité publique. On me dit que j'échange avec certaines personnes des propos terroristes, djihadistes et que j'envisage de rejoindre un parti terroriste au Moyen-Orient. J'ai jamais envisagé de partir. (...) J'étais en contact avec des personnes qui elles, envisageaient de partir, qui ont essayé de m'endoctriner. Mais c'était dans le passé".



Tout le problème est là, car l'assignation à résidence affirme que cette jeune femme échange toujours des vidéos, des textes d'apologie du djihad avec son époux en religion. Elle affirme s'être séparé de lui depuis plus d'un an. Aujourd'hui, cette jeune femme est traumatisée.



Son avocat va saisir la justice. Il attend du juge administratif qu'il se pose en bouclier démocratique.



En attendant, Emilie* se présente trois fois par jour à l'hôtel de police de Montpellier pour signer un registre. Le soir, elle s'enferme chez elle mais elle n'arrive plus à se concentrer sur ces études de médecine alors que les premiers examens approchent.



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Reportage F3 LR : E.Jubineau et S.Bonnet ©F3 LR



*Emilie est un pseudonyme.



Ecoutez la réaction de Sophie Mazas, avocate à Montpellier et Présidente de la Ligue des Droits de l'Homme. Elle était l'invitée du 19/20 de France 3 Languedoc-Roussillon, ce mercredi 25 novembre.

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Sophie Mazas, avocate à Montpellier et Présidente de la Ligue des Droits de l'Homme ©F3 LR

 

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