Violence à la faculté de droit de Montpellier : 6 personnes placées en garde à vue

Sitting devant la faculté de droit à Montpellier le 23 mars 2018. / © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP
Sitting devant la faculté de droit à Montpellier le 23 mars 2018. / © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP

Dans la nuit du 22 au 23 mars dernier, un groupe d'individus encagoulés s'était introduit dans l'université  et avait violemment expulsé les jeunes étudiants. Six personnes de ce commando ont été interpellées hier. Leur garde à vue a été prolongée.
 

Par Olivier Le Creurer

Les policiers de la sûreté départementale de l'Hérault ont procédé à l'interpellation de 6 personnes ce mardi, a-t-on appris de source judiciaire. Les gardes à vues ont été prolongées mercredi soir. 

Le groupe d'individus cagoulés et armés qui avait passé à tabac des étudiants occupant l'amphithéâtre de la fac de droit, dans la nuit du 23 mars, serait désormais identifié.

L'un des hommes au visage dissimulé serait un jouteur de Sète.
Parmi les autres individus cagoulés, les enquêteurs soupçonnent des hommes appartenant à la mouvance d'extrême droite, au Rassemblement national et à la Ligue du midi.
Enfin, la femme du professeur de droit déjà mis en examen, est elle aussi actuellement entendue dans les locaux de la sûreté départementale de l'Hérault.
 
Commando Fac de droit à Montpellier: 6 gardes à vue
6 mois après l'évacuation violente à la faculté de droit de Montpellier, l'enquête avance enfin. - C. Agullo et S. Taponier


Rappel des faits :


Les faits se sont déroulés dans la nuit du 22 au 23 mars 2018, avant une heure du matin. La faculté de Droit de Montpellier était alors occupée par des étudiants en grève. Une centaine d'occupants étaient alors encore dans l'amphi.

Vers minuit et demi, selon les témoignages, une bande de 10-15 personnes encagoulées a agressé les étudiants. Armés vraisemblablement de matraques ou de bâtons, visibles sur les images postées sur les réseaux sociaux, les hommes ont visiblement tenté de faire évacuer les locaux de force.
 


Deux mises en examen


Le doyen de la faculté, Philippe Pétel, qui a démissionné après les incidents ayant vu des hommes encagoulés expulser violemment des étudiants grévistes d'un amphithéâtre de la faculté, a été mis en examen pour complicité d'intrusion et Jean-Luc Coronel, professeur, a été mis en examen pour complicité d'intrusion et violences en récidive, en raison d'une condamnation datant de 2013. Tous les deux ont été placés sous contrôle judiciaire.
 

Rapport de l'éducation nationale


Parallèlement à l'enquête judiciaire qui se poursuit, dans un rapport, deux inspecteurs de l'Éducation nationale recommande notamment au président de l'université "d'entamer une procédure disciplinaire". Ils avaient aussi été suspendus après les faits par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, et le doyen avait démissionné.

Début juin, une intersyndicale personnels-étudiants jugeait que d'autres personnels de la fac, notamment des profs, ont participé aux violences et ne sont pas punis. Pour eux, ces gens là n'ont plus leur place à l'université.

Les syndicalistes demandaient donc des sanctions immédiates contre tous les professeurs qui ont participé à l'expédition punitive dans la nuit du 22 au 23 mars dernier.

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