Le jour du crime examiné à la loupe ce lundi

L'examen des faits seront au coeur du procès en appel ce lundi 14 novembre à Carcassonne.

Par Armelle Goyon

Le procès en appel des trois protagonistes de l'affaire Bissonnet, le riche retraité accusé d'avoir commandité le meurtre de sa femme, le jardinier analphabète et le vicomte aventurier, va toucher lundi au coeur du drame avec l'examen des faits, le jour du crime.

Jean-Michel Bissonnet, ancien homme d'affaires de 63 ans, est rejugé depuis le
7 novembre à Carcassonne pour cet assassinat qu'il nie avec force. A ses côtés dans le box, son jardinier et laveur de carreaux occasionnel, Méziane Belkacem, 52 ans, qui reconnaît avoir exécuté le contrat, et Amaury d'Harcourt, 86 ans, qui admet avoir caché l'arme.

La Cour d'assises de l'Aude examinera pendant trois jours le déroulement des événements, le 11 mars 2008, jour où Jean-Michel Bissonnet découvrira le corps ensanglanté de son épouse Bernadette à son retour du Rotary club, dans leur villa cossue de Castelnau-le-Lez (Hérault).

Pendant la première semaine du procès, Méziane Belkacem a reconnu avoir abattu Bernadette Bissonnet de deux coups de fusil de chasse. Mais ses aveux accablent le patron pour lequel il professait une admiration sans bornes. S'il a commis un tel acte, dit-il, c'est à l'instigation de l'ancien homme d'affaire qui lui avait promis pour "prix du sang" 30.000 euros.

Le vicomte d'Harcourt, descendant d'une illustre famille de la noblesse française, corrobore dans cette affaire les dires du jardinier, expliquant avoir accepté d'aider M. Bissonnet au nom d'une amitié de 45 ans.

Il a expliqué à la cour que ce dernier lui parlait parfois de se débarrasser de sa femme mais ajoute qu'il ne l'avait jamais pris au sérieux. D'après lui, Jean-Michel Bissonnet ne voulait pas divorcer de crainte de perdre sa maison à laquelle il était très attaché.

La défense du riche retraité, qui a fait fortune dans l'immobilier de bureau, avance la thèse d'un cambriolage ourdi par le duo Belkacem/d'Harcourt en mal d'argent, et qui aurait très mal tourné.

Mais le jardinier et le vicomte affirment qu'ils ne se connaissaient pas avant ce 11 mars. L'enquête n'a pu trouver aucun contact entre eux dans les trois mois précédant le drame.

En première instance, les audiences devant les assises de Montpellier avaient été perturbées par les invectives et les cris de Jean-Michel Bissonnet, toujours soutenu totalement par ses enfants. S'il pleure encore souvent à l'évocation de sa femme, il a adopté cette fois-ci un ton beaucoup plus posé, sans doute sur les conseils de sa nouvelle équipe d'avocats.

Il avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, son jardinier à 20 ans, et le vicomte à huit ans de prison.

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