Alerte à la rougeole notamment chez l'enfant

1/3 des cas français sont recensés en Lozère, dans le Lot-et-Garonne et en Midi-Pyrénées.

Par Fabrice DUBAULT

Une épidémie de rougeole sévit en Lozère et en Midi-Pyrénées à la faveur d'un faible taux de vaccination, a révélé jeudi l'Agence régionale de santé (ARS), qui a dénombré 175 cas dans cette région, soit environ un tiers des personnes infectées en France (580 cas). Le taux de vaccination est de 80% dans le sud contre 95% dans le nord de la France.

"Depuis le début de l'année, nous observons une recrudescence des cas de rougeole dans la région, qui est l'une des plus touchées, alors que le reste de la France ne connaît qu'un fond de circulation du virus", signale le docteur Anne Guinard, épidémiologiste au sein de la cellule Midi-Pyrénées de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

En 2009, Midi-Pyrénées comptait 135 cas déclarés de cette infection virale hautement contagieuse qui se traduit par une toux, une forte fièvre puis l'apparition de petites tâches rouges environ 14 jours après la contamination. Les 175 cas des six premiers mois de 2012 dépassent donc à eux seuls ce seuil annuel, fait remarquer l'ARS.

La maladie touche d'abord les enfants, mais les adultes de plus de 20 ans représentent 40% des malades, selon un communiqué de l'ARS. "Il s'agit en forte proportion d'adultes, notamment sur des formes graves", entre juin et juillet, deux cas d'encéphalite rougeoleuse ont été identifiés, contre trois sur toute l'année 2011.

Deux autres départements frontaliers de Midi-Pyrénées, Lot-et-Garonne et Lozère, sont également fortement touchés.

Malade atteint de la rougeole - archives

"La couverture vaccinale est très insuffisante dans la région", explique Anne Guinard. Un facteur principalement culturel, pour le médecin, qui note de fortes disparités en France.

"Les taux de vaccination atteignent les 95% dans certaines zones de la moitié nord, alors que dans six départements de Midi-Pyrénées, moins de 80% des enfants âgés de moins de deux ans ont reçu une dose du vaccin", qui nécessite deux injections consécutives.

Une lacune qui touche aussi les professionnels de santé. Trois d'entre eux, dont des infirmiers, ont été contaminés le mois dernier. "Ils ont certainement contracté le virus à l'hôpital, et peuvent le transmettre à des personnes fragiles", alerte le médecin.

Une campagne de sensibilisation est prévue à la rentrée.

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