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Béziers : le lycée sous le choc

Une cellule psychologique est en place après la tentative de suicide par le feu de la prof de maths

Par Armelle Goyon

Le lycée Jean Moulin de Béziers est sous le choc au lendemain de la tentative de suicide par le feu d'une professeur de mathématiques sous les yeux des élèves.

Le lycée Jean Moulin de Béziers a rouvert ses portes. Mais les cours ne reprendront pas avant lundi. Enseignants et élèves sont accueillis par la cellule de soutien, mise en place immédiatement après les faits. Elle a déjà pris en charge quelque 80 élèves jeudi après-midi.  Elle "restera active aussi longtemps que nécessaire", a promis le ministre.

Une enseignante en mathématiques, présentée comme très fragile psychologiquement, est toujours dans un état grave après avoir tenté de s'immoler par le feu jeudi matin dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers, un geste qui a profondément choqué enseignants et élèves.

Cette femme de 44 ans, brûlée au troisième degré, donnait des cours depuis 10 ans dans ce grand établissement de 3.000 élèves et 280 enseignants - deuxième cité scolaire du Languedoc-Roussillon - situé aux abords du centre-ville, dans un quartier tranquille.

Selon plusieurs témoins, elle a annulé le cours qu'elle devait donner entre 09h00 et 10h00. Puis, peu avant la récréation, elle s'est placée sous le préau et s'est s'aspergée d'essence très calmement avant d'y mettre le feu.

"Je l'ai vue arriver le corps en feu, les mains sur la tête en avançant. A plusieurs on a essayé de l'éteindre. Elle disait: "Non, laissez-moi, j'ai pas besoin d'aide".

"Les profs ont mis un drap sur elle, ses habits avaient fondu", a raconté Karim, qui a assisté à la scène.

"Je fais ça pour vous", aurait-elle lancé, d'après plusieurs élèves. "Les gens pleuraient, criaient, couraient partout. On s'est approché, beaucoup de jeunes faisaient des malaises", relataient Camille et Priscillia, arrivées juste après le drame.

"C'est l'acte de quelqu'un de désespéré"

"C'est une professeur qui est en situation de grande fragilité. Elle était suivie par nos équipes et bénéficiait d'un accompagnement pédagogique et médical. Cela avait d'ailleurs entraîné une décharge (horaire, NDLR) en début d'année à sa demande", a-t-il ajouté.

"C'est l'acte de quelqu'un de désespéré", avait affirmé un peu plus tôt M. Mathé,évoquant une "tentative de suicide en lien avec l'activité professionnelle" de l'enseignante.

D'après des parents d'élèves, cette femme, qui enseignait dans la filière d'enseignement général du lycée, avait fait une dépression nerveuse et était en conflit avec certains élèves, qui la trouvaient trop sévère et contestaient ses méthodes.

Très affectée par le décès de son neveu l'an dernier, elle "était dans un état de fragilité qui fait que la pression ambiante était trop forte", a souligné, sous couvert de l'anonymat, un de ses collègues, qui s'est dit "très abattu et triste".

"L'acte qu'elle a commis, l'heure, l'endroit et la façon qu'elle a choisis pour le faire, sont des marques très fortes qui nous interpellent et qui nous font prendre conscience que la population enseignante est fragilisée", a-t-il témoigné, déplorant un manque d'écoute et "une politique gouvernementale qui vise à supprimer des postes, surcharger des classes".
 

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