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Béziers: une enseignante s'immole par le feu

La professeure de maths s'est aspergée d'essence dans la cour du lycée Jean-Moulin vers 10h ce matin.

Par Carine Alazet /AFP

L'état de santé de l'enseignante s'est aggravée ces dernières heures. Brulée au 3ème degré sur 90% du corps,  les médecins du CHU de Montpellier estiment que "l'évolution de ses blessures est sombre". Dans la situation actuelle, "le pronostic vital de la patiente pourrait être bientôt engagé".

Le drame s'est déroulé au moment de la récréation, alors que les élèves étaient dans la cour. La femme, âgée de 44 ans, est arrivée avec un bidon d'essence, l'a renversé sur elle puis a allumé le feu. La professeure de mathématiques a été transportée par hélicoptère au CHU de Montpellier.

2 personnes du lycée, il s'agirait de 2 élèves, très choquées ont été hospitalisées également car elles souffrent de troubles émotionnels très forts.

Les autres lycéens ont été renvoyés chez eux, l'établissement fermé jusquà demain matin vendredi 14.

D'après le rectorat, l'enseignante, dépressive, aurait déjà fait des tentatives de suicide, elle ne se reconnaissait plus dans l'Education Nationale. Et aurait sans doute aussi d'autres problèmes personnels.

Déclaration du ministre de l'Education nationale :

Luc Chatel, a appris, jeudi, avec "une profonde émotion l'acte de désespoir" d'une professeure qui a tenté de s'immoler par le feu dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers, selon un communiqué.

"Le ministre partage la stupeur et la tristesse de l'ensemble des personnels et des élèves du lycée. Il a demandé tous les éléments pour tenter de comprendre les raisons qui ont pu conduire cette enseignante à ce passage à l'acte", ajoute le communiqué.

Luc Chatel doit se rendre au chevet de l'enseignante au CHU de Montpellier vers 16h avant de rejoindre la sous-préfecture de Béziers pour y rencontrer le recteur d'académie.

Retour sur les faits

Cette femme de 44 ans s'est aspergée de carburant aux environs de 10h00 pendant la récréation. Les élèves devant qui elle a accompli son geste sont immédiatement intervenus à l'aide de vestes et de blousons en attendant l'arrivée - rapide - des secours.

Elle a été transportée par hélicoptère au service des grands brûlés du CHU de Montpellier. Elle y est actuellement soignée mais son état s'aggrave.

"C'est l'acte de quelqu'un de désespéré", a affirmé Patrick Mathé, procureur de la République à Béziers, évoquant une "tentative de suicide en lien avec l'activité professionnelle" de la professeure.

La professeure de mathématiques, dépressive, était en conflit avec ses élèves. Des tensions qui n'ont cependant jamais donné lieu à des actes de violence ou à des altercations graves.

Pour le procureur, "il n'y a pas d'infraction pénale", cette femme ayant accompli son geste "de son libre arbitre", sans l'aide d'un tiers.

Béziers (Hérault) - Lycée Jean Moulin portail d'entrée et élèves - 13 octobre 2011

Selon des témoins interrogés par un correspondant de l'AFP, cette femme, qui enseignait dans la filière d'enseignement général de cet immense lycée, était en conflit avec certains élèves, qui la trouvaient trop sévère et contestaient ses méthodes.

Une tentative d'explication, mercredi, plutôt houleuse, aurait été "mal vécue" par l'enseignante, selon ces sources.

Jeudi matin, la professeure, arrivée au lycée avec un bidon d'essence, a donné son cours entre 09h00 et 10h00, puis elle s'est placée au centre de la cour pendant la récréation, s'est s'aspergée de carburant très calmement avant d'y mettre le feu, ont expliqué des parents de lycéens.

Selon ces parents d'élèves de seconde et de première, elle était "très peu aimée" et, lors d'une réunion parents-professeurs il y a une dizaine de jours, elle s'était montrée hostile à toute discussion, se retranchant derrière la nécessité de boucler son programme.

Elle s'occupait peu des élèves en difficulté, préférant les exclure de son cours pour faire travailler les autres, ont raconté quatre parents d'élèves interrogés, qui ont par ailleurs noté lors de cette réunion que l'enseignante portait des bleus et des traces de coups.

L'enseignante avait fait une dépression nerveuse l'an dernier et avait été convoquée à plusieurs reprises par la direction de l'établissement, à la suite de plaintes des parents sur son comportement, ont ajouté ces sources.

Une cellule de crise a été mise en place jeudi au sein de l'établissement, qui regroupe lycée général et lycée professionnel et compte plus de 3.000 élèves. Quelque 280 enseignants y travaillent, selon le site internet de la cité scolaire.

Tous les élèves ont été renvoyés chez eux dans la matinée.

Le sénateur-maire (UMP) de Béziers, Raymond Couderc, s'est rendu sur place, ainsi que le sous-préfet de l'Hérault et le vice-procureur de la République.

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