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Des prisonniers pédalent dans les Pyrénées

Sur la chaîne des Pyrénées, "l'évasion" pour 13 détenus cyclistes qui pédalent en compagnie de leurs gardiens.

Par MP

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Des prisonniers pédalent dans les Pyrénées

Sur la chaîne des Pyrénées, "l'évasion" pour 13 détenus cyclistes qui pédalent en compagnie de leurs gardiens

Treize détenus cyclistes ( venant notamment des prisons de Tarbes et Lannemezan) se sont élancés lundi du Pays Basque pour 650 km et 15 cols. Mercredi, ils font étape à Sainte-Marie-de-Campan.

Préparation à la réinsertion

Il y a le défi physique, mental, le dépassement, et à travers eux la préparation à la réinsertion. Mais les 13 détenus cyclistes qui se sont élancés lundi du Pays basque pour 650 km et 15 cols, pédalent surtout pour "s'évader" grâce à une chaîne grandiose, les Pyrénées.

En binômes (un détenu + un surveillant), mais en peloton autant que possible à moins d'échappées, les forçats de la Transpyrénéenne vont rallier en sept jours Ciboure (Pyrénées-Atlantiques) à Canet-Plage, (Pyrénées-Orientales), à raison de 100 km par jour, dans un défi à la fois solitaire et collectif.

 Anonyme

"C'est pas le Tour de France !", s'amuse l'un deux au départ de la plage de Socoa, à la vue de la maigre poignée de curieux scrutant leur équipage de quelque 40 personnes, entre détenus, encadrement, ostéopathes.

Depuis mai, le groupe de détenus originaire d'établissements pénitentiaires du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, s'est préparé au raid, pour lequel il fallait être volontaire, condamné à une peine d'au moins sept mois, et avoir passé avec succès un examen médical.

Le sport cycliste, un dépassement de soi

Au-delà de la souffrance, de l'effort, tous ont découvert pendant la préparation une dimension en eux: "Un dépassement de moi", "un travail d'introspection", comme avoue J., ou la réalisation que "quand on veut quelque chose, on finit par y arriver". Et puis la rencontre avec les autres: "Ici les étiquettes sautent, il n'y a plus de prof de sport, de détenu, de surveillant, il n'y a que des sportifs", assure C.

Vu du bord de la route, rien ne ressemble plus à un groupe de cyclistes dans l'ascension d'un col qu'un groupe de "détenus cyclistes", dans l'ascension d'un col.

"Le regard des gens change quand on fait du vélo. Les gens nous regardent avec respect...", s'émerveille C.

L'expérience a déjà eu lieu

C'est justement parce que "ces expériences ont été concluantes", qu'elle a été renouvelée, amplifiée à l'échelle des Pyrénées, explique le directeur de course Bertrand Schneider, chargé des Sports à l'antenne pénitentiaire de Toulouse.

"C'est avant tout un projet d'insertion et de prévention à la récidive. Ils sont en train de relever un sacré challenge qu'ils n'auraient jamais pensé relever", pose-t-il. "Cette expérience leur permettra de relever d'autres challenges dans leur vie d'hommes libres".

"J'espère qu'il y aura beaucoup de solidarité entre eux, qu'une vie d'équipe va s'instaurer", dit-il du peloton pas comme les autres, qui le soir dormira en gîtes. "J'espère aussi qu'ils vont ouvrir les yeux, et profiter des paysages magnifiques qu'ils vont traverser.."

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