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Fanjeaux: accusée d'infanticide, elle se suicide

Agée de 43 ans, elle s'est pendue ce week-end. Elle avait 3 enfants et s'était accusée d'avoir tué 2 de ses nouveau-nés

Par Fabrice DUBAULT

Une mère qui s'accusait du meurtre de ses deux nouveau-nés vient de mettre fin à ses jours dans l'Aude, laissant le doute subsister à jamais sur sa culpabilité et même, selon son avocat, sur la réalité de ce double infanticide. Cécile J. avait été mise en examen en février 2010.

Auparavant, alors qu'elle était hospitalisée en psychiatrie, elle avait écrit au procureur pour avouer avoir tué son bébé à la naissance quelques années plus tôt; elle avait avoué ensuite un deuxième infanticide au cours de ses interrogatoires par les gendarmes, a rapporté son avocat, Me Christian de Marion Gaja.

Quand l'affaire avait éclaté au grand jour, le procureur avait invoqué la volonté de Cécile J. de dissimuler à son mari qu'elle avait un amant.

Mais ces infanticides, qui auraient été commis en 2006 et 2007, étaient-ils réels ou inventés par une femme intégrée socialement mais profondément malheureuse, "aux prises avec elle-même" selon les mots de son avocat ? Celui-ci dit n'avoir aucune certitude.

Après sa mise en examen, Cécile J. avait été écrouée pendant plusieurs mois, avant d'être remise en liberté. D'abord assignée à résidence avec obligation de se soigner, elle avait vu lever son contrôle judiciaire et était revenue vivre chez elle à Fanjeaux, près de Carcassonne.

C'est là que cette technicienne, fille d'une institutrice et d'un agriculteur, s'est pendue samedi à l'âge de 43 ans, à la fin d'une vie déjà marquée par d'autres tentatives de suicide. Elle laisse trois enfants, dont un majeur, et maintes questions sans réponse, dit son avocat.

L'action publique va en effet s'éteindre avec ce suicide, une fois que celui-ci aura été confirmé par une autopsie, confirmation qui ne laisse pas de place au doute, a indiqué le parquet.

Les corps des bébés, s'ils ont existé, n'ont jamais été retrouvés, dit Me de Marion Gaja. Cécile J. a bien indiqué aux enquêteurs où elle aurait incinéré les petits, mais les analyses ont révélé que des ossements effectivement retrouvés sur place ne correspondaient pas à ses déclarations, dit-il.

Si le premier infanticide est bien réel, le second l'est-il pour autant; pourquoi ne pas l'avoir avoué immédiatement dans sa lettre au procureur ?, s'interroge l'avocat. Et si elle a bien fait disparaître un second bébé, était-il seulement viable puisque, d'après ses propres indications, il serait né à six mois de grossesse ?, renchérit-il.

Toute l'accusation reposait sur une auto-dénonciation qu'aucun élément concret, aucun témoignage n'est venu confirmer, assure l'avocat.

"Une volonté de suicide, ça peut aussi passer par une volonté de s'accuser; ça peut être dans la même démarche psychologique: se faire du mal à soi-même. C'est une femme qui était malheureuse, il y avait quelque chose qui ne marchait pas", dit-il.

Il croyait au non-lieu ou à l'acquittement.

Une magistrate au parquet l'entendait différemment. Elle voyait dans le suicide le possible "cheminement vers la culpabilité" d'une femme qui avait peut-être vécu des années avec le meurtre de ses propres bébés.

Une part de vérité pourrait émerger avec l'ordonnance que prendra la juge d'instruction dans quelques semaines, avant l'extinction de l'action publique, et dans laquelle elle dira s'il existait des charges suffisantes contre la disparue.

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