Le meurtrier présumé mis en examen et écroué

Les chefs d'inculpation sont meurtre et viol sur mineur de moins de 15 ans. L'arme du crime a été retrouvée.

Par Fabrice DUBAULT

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Nîmes : le suspect déféré devant le juge

Le meurtrier présumé d'Océane a été déféré vers 17h devant un juge de Nîmes. Toute la journée de jeudi, la Section de recherches de la gendarmerie de Nîmes a poursuivi ses investigations. Sous les indications du suspect, les enquêteurs ont retrouvé le couteau du crime.

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Bellegarde (30) : l'avocat du meurtrier témoigne

2e nuit de garde à vue pour Nicolas, le meurtrier prémusé d'Océane. Il a tenté de se suicider avec son t-shirt. Son avocat l'a rencontré, il témoigne. Le jeune de 25 ans, sera présenté au juge jeudi après-midi. Au même moment, auront lieu les obsèques d'Océane à Bellegarde.

L'agresseur présumé de la petite Océane a été mis en examen jeudi soir à Nîmes pour le meurtre de la fillette de 8 ans tuée samedi à Bellegarde dans le Gard, où a eu lieu l'après-midi même une poignante cérémonie d'obsèques. Il a ensuite été écroué.

Cet homme de 25 ans a été présenté jeudi à un juge d'instruction de Nîmes qui l'a mis en examen pour "meurtre sur mineur de 15 ans accompagné, précédé ou suivi de viol sur mineur de 15 ans", puis un juge des libertés et de la détention a décidé de son placement sous écrou, suivant les réquisitions du parquet de Nîmes.

La fillette a été inhumée en fin de journée à Nîmes. Peu avant, quelque 400 personnes, sa famille et les habitants de Bellegarde, lui ont adressé "un au revoir plein de tendresse et d'amour" au cours d'une cérémonie en l'église Saint-Jean-Baptiste de la commune.

"Nous sommes dans la stupeur devant l'horreur des faits", a dit l'évêque de Nîmes, Mgr Robert Wattebled. "Les mots ne peuvent plus rien dire de ce que nous ressentons", ajoutait le père André.

Mercredi soir, cet homme de 25 ans, père de trois enfants dont un bébé de deux mois, a tenté de se suicider, quelques heures après ses aveux, en se pendant avec son t-shirt durant sa garde à vue, avant que des gendarmes n'interviennent.

"Il continue son chemin de la vérité. Mais cette vérité devient de plus en plus difficile pour lui. Il reconnaît son geste mais ne supporte pas, n'accepte pas de l'avoir commis", a expliqué jeudi soir son avocat Me Jean-François Corral.

Poussé par sa compagne, il s'était présenté de lui-même à la gendarmerie mardi soir. Il avait demandé à ce qu'on le soumette à un test ADN, faute de se souvenir, disait-il, de ce qu'il avait fait samedi, soir du crime.

Mais avant même d'être confondu par les analyses, cet habitant de Bellegarde depuis deux ans, a avoué. Selon le procureur de la République, Robert Gelli, il a raconté qu'il était samedi après-midi à Nîmes où il avait bu de l'alcool avant de décider de rentrer à Bellegarde pour y voir un ami.

A quelque 200 m de sa destination, il a dit avoir aperçu la fillette sortant de chez elle et se rendant en fait au même endroit que lui, pour emprunter un jeu vidéo à cet ami commun. La pluie tombant, il lui a alors proposé de l'accompagner en voiture, Océane acceptant car elle le connaissait pour l'avoir déjà vu chez cet ami.

Nîmes - le suspect du meurtre d'Océane arrive au Palais de justice pour être déféré devant le juge - 10 novembre 2011

Le couteau retrouvé :

"Mais au lieu de mettre la marche avant et d'aller vers la maison de l'ami, le meurtrier présumé a enclenché la marche arrière pour se rendre à l'endroit où le corps de la victime a été retrouvé", à trois kilomètres du village, selon la même source.

C'est dans la voiture que le suspect a reconnu avoir violé et tué la fillette, retrouvée morte le lendemain par une femme promenant ses chiens. L'autopsie a révélé qu'Océane avait été victime d'attouchements sexuels, asphyxiée et poignardée à quatre reprises.

Toute la journée de jeudi, la Section de recherches de la gendarmerie de Nîmes a poursuivi ses investigations. Sous les indications du suspect, les enquêteurs ont retrouvé le couteau du crime.

Une perquisition a été également effectuée à son domicile, une petite maison d'un étage avec balcon, en face de l'église. Les gendarmes sont arrivés avec la compagne du suspect, vêtue d'un anorak dont le col en fourrure cachait son visage. Cette opération n'a rien donné, a ajouté la même source.

La résolution de l'affaire a soulagé la commune et tous ceux venus jeudi "soutenir les parents" lors des obsèques. Si personne sur le parvis de l'église, où les médias avaient été contenus, n'a voulu s'exprimer sur le meurtrier présumé, beaucoup d'habitants ont reconnu avoir ressenti "un vrai soulagement".

"Ca ne nous rendra pas cette pauvre petite enfant mais on a un sentiment de réconfort et de sécurité", constatait Corinne Gil, 46 ans, patronne d'un salon de coiffure.

"On commençait à se demander si le coupable n'était pas un voisin", disait une

habitante de la rue où la fillette a été enlevée.

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