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Le Président du Sénat J.P. Bel de retour en Ariège

© Pascal Pavani /AFP
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Jean-Pierre Bel, sénateur ariégeois a été élu premier président socialiste de l'histoire du Sénat

Par PC / VBH / AFP

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Portrait de Jean-Pierre Bel ,sénateur ariégeois.

C'est Lionel Jospin qui a mis le pied à l'étrier à Jean-Pierre Bel, candidat aujourd'hui à la présidence du Sénat.

Le sénateur de l'Ariège, Jean-Pierre Bel, 59 ans, a été élu samedi par ses pairs, premier président socialiste de l'histoire du Sénat. Il devient le deuxième personnage de la République. Il revient ce lundi en Ariège pour un hommage à Jean Jaurès dans sa commune de Lavelanet et un discours devant les maires ariégeois.

A sept mois de la présidentielle, ce basculement du Sénat résonne comme un mauvais signal pour le président Nicolas Sarkozy et cette élection inaugure une nouvelle forme de cohabitation.

Jean-Pierre Bel était en direct dans notre édition de midi ce lundi 3 octobre Retrouvez ici son interview

JP Bel étrenne en Ariège son nouveau statut

Le nouveau président du Sénat a réservé son premier déplacement officiel à son fief électoral, l'Ariège, où il a été chaudement félicité par ses compagnons de route, témoins de son ascension des montagnes pyrénéennes au plateau du Palais du Luxembourg. "L'Ariège m'a tant donné", a insisté lors de ce déplacement. M. Bel, qui a grandi dans une cité HLM de Toulouse avant de s'installer dans les Pyrénées ariégeoises au début des années 1980.

A Lavelanet, ville de 7.000 habitants dont il a été maire de 2001 à 2008, puis à Foix, ses amis du PS lui sont tombés dans les bras, des mamies l'ont embrassé en le félicitant et lui souhaitant bonne chance. Dans la matinée, il a d'abord déposé un bouquet de roses devant une statue de Jean Jaurès. Puis, à Foix, il s'est recueilli devant une stèle en hommage aux résistants, a déposé une gerbe au monument aux morts, et s'est rendu au Conseil général où les embrassades avec ses amis et camarades du PS se sont poursuivies.

"C'est un moment historique, c'est une grande fierté", salue le président PS du conseil général de l'Ariège, Augustin Bonrepaux, qui compte sur lui pour "démocratiser le Sénat, à l'heure où les lois sont piétinées par ceux qui nous gouvernent". Le président PS du conseil régional de Midi-Pyrénées Martin Malvy voit pour sa part en Jean-Pierre Bel "un homme de compromis" qui saura diriger le Sénat, "profondément ancré dans son territoire".

Au concert des louanges, le président départemental de l'UMP, Philippe Calleja, n'est pas en reste. "Je n'ai aucun reproche à faire (à Jean-Pierre Bel). J'ai été son adversaire. C'est quelqu'un qui est attentif à l'équilibre des institutions, avec qui on peut travailler".

Maire de Mijanès, village de 80 habitants de 1983 à 1995, conseiller général de Lavelanet, canton arraché à la droite, puis sénateur, Jean-Pierre Bel veut continuer de "travailler dans l'intérêt général" à la tête du Sénat, se défendant de toute intention de pratiquer l'obstruction. Mais il avertit: "Nous avons des valeurs", et si elles sont bafouées par des textes du gouvernement, l'opposition jouera son rôle, assure-t-il.

Pour le nouveau président, les sénatoriales ont marqué le début d'un nouveau chapitre dans l'histoire politique du pays: "Du rural est montée une lame de fond", qui se prolongera jusqu'à la présidentielle de 2012, espère-t-il.

"C'est un homme qui ne fait pas de +chi-chis+ et on espère que tout deuxième personnage de l'Etat qu'il est, il continuera d'être à l'écoute", confie Michèle Piquemal, une retraitée de l'enseignement tombée par hasard sur le cortège d'élus qui entourait M. Bel devant le monument aux résistants de Foix. "S'il t'arrive de ne pas savoir où tu vas, au moins souviens-toi d'où tu viens", a lancé le nouveau président du Sénat en paraphrasant un proverbe africain, alors qu'on l'interrogeait sur sa volonté de se rendre en Ariège aussitôt élu.

Il avait quitté Paris pour l'Ariège dès dimanche, au lendemain de son élection, pour se ressourcer en famille après la semaine la plus agitée de sa vie politique. Jean-Pierre Bel, 59 ans, est le premier socialiste à présider le Sénat et c'est la première fois qu'un élu de l'Ariège, département rural et sinistré économiquement, accède à d'aussi hautes fonctions.

L'élection du 1er président socialiste du Sénat

J.P Bel a été élu dès le 1er tour et devient le 2eme personnage de l'Etat. Une élection historique.

Président du groupe socialiste du Sénat depuis 2004, Jean-Pierre Bel a fait irruption sur le devant de la scène avec le basculement inédit à gauche de la deuxième chambre du Parlement, lors du renouvellement sénatorial.

Candidat unique de la nouvelle majorité sénatoriale PS, PCF, PRG, EELV, Jean-Pierre Bel  a été élu dès le premier tour par 179 voix, contre 134 voix pour le président UMP sortant, Gérard Larcher, et 29 voix pour l'ancienne secrétaire d'Etat de François Fillon, Valérie Létard, candidate sous les couleurs centristes. Jean-Pierre Bel a obtenu 7 voix de plus que la majorité absolue des suffrages exprimés lors du vote individuel et secret à la tribune.

Dès l'annonce du résultat par le doyen du Sénat, Paul Vergès, 86 ans, président du Parti communiste réunionais, les sénateurs de la nouvelle majorité de gauche se sont levés pour applaudir, les élus dans les rangs de la droite applaudissant également.

Jean-Pierre Bel est ensuite monté à la tribune pour prononcer sa première allocution de président, après avoir reçu les félications de son prédécéesseur Gérard Larcher au pied de la tribune. "Nous avons entendu aussi la colère profonde" de la "République des territoires" pour "avoir été stigmatisés, désorientés, peut-être aussi abandonnés face à leurs immenses difficultés", a-t-il lancé. Il a annoncé la convocation "rapidement" d'états généraux des élus locaux.

La voix étranglée d'émotion, il a rendu hommage à sa famille, résistante et communiste, et à sa région du Sud-Ouest.

"Nous ne serons pas, ici, dans je ne sais quel bastion", "je ne serai jamais là pour servir un clan ou une clientèle: je veux, toujours, me tourner vers l'intérêt collectif", a promis le sixième président du Sénat depuis le début de la Ve République. Il a appelé à un "bicamérisme rénové dans lequel l'opposition sera respectée".

Il a salué en retour Gérard Larcher, ainsi que l'ancien président UMP du Sénat Christian Poncelet. Prônant une "rénovation démocratique", il a souhaité, pour "changer le Sénat", "plus de transparence, plus de modestie", annonçant un groupe de travail avec un "calendrier resserré".

En 2008, Gérard Larcher avait été élu au premier tour par 173 voix contre 134 voix à Jean-Pierre Bel, à l'issue d'une primaire à l'UMP qu'il avait remportée contre Jean-Pierre Raffarin. Le sénateur-maire de Rambouillet aura fait le plus court mandat -trois ans- de président du Sénat sous la Ve République.

La première tâche du nouveau président sera de s'atteler à la nouvelle gouvernance du Sénat, un chantier peu aisé vu l'étroitesse de sa majorité, 177 élus, soit deux de plus que la majorité absolue. Aucun groupe politique ne la détient à lui seul.

Il s'est déclaré favorable à l'abaissement du seuil de constitution des groupes de 15 à 10 sénateurs, comme le revendiquent les 10 sénateurs EELV. Cela pourrait permettre au RDSE (à majorité PRG), qui comptait 16 membres de survivre au départ de ses trois sénateurs de droite, dont Jean-Marie Bockel (GM), qui ont rejoint le groupe centriste. Il mettra également en ordre de bataille le groupe PS avec un nouveau président qui devrait être le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen.

"Nous ne serons pas ici je ne sais quel bastion"

Le nouveau président du Sénat a affirmé sa volonté de ne pas faire de la Haute assemblée un lieu d'obstruction

Le nouveau président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel, a affirmé sa volonté "de faire vivre l'alternance au Sénat" et refusé d'en faire un "bastion", lors de son premier discours devant la Haute assemblée après son élection.

"J'imagine qu'une rencontre (avec Nicolas Sarkozy) est tout à fait possible et il me paraît qu'elle s'inscrit dans la tradition républicaine", a-t-il ensuite déclaré devant la presse, après la passation de pouvoir avec son prédécesseur Gérard Larcher (UMP).

Jean-Pierre Bel a placé son élection sous le signe de la "République des territoires, dont nous sommes les représentants, dont nous aimons la douce musique, mais dont nous avons entendu aussi la colère profonde d'avoir été stigmatisés, désorientés, peut-être aussi abandonnés face à leurs immenses difficultés".

Le président du Sénat a souhaité que soient réunis "rapidement les états généraux des élus locaux pour préparer l'avenir". "Nous ne serons pas ici je ne sais quel bastion" mais "nous allons bâtir une majorité nouvelle" composée des sénateurs de gauche "mais aussi de tous ceux qui se retrouvent dans notre démarche et dans notre volonté de faire vivre le bicamérisme", "un bicamérisme rénové dans lequel l'opposition sera respectée".

Voulant "un nouveau Sénat", M. Bel a annoncé la constitution, "dans les semaines qui viennent" d'un groupe de travail. Il lui demandera "à partir d'une lettre de mission précise, de remettre des propositions dans un calendrier resserré". "A nous de faire vivre l'alternance au Sénat", a lancé le nouveau président, en affirmant qu'il ne serait "jamais là pour servir un clan ou une clientèle".

M. Bel avait commencé son intervention par un hommage à M. Larcher et en rappelant l'histoire de sa famille "entre Albi et Carmaux", patrie de Jean Jaurès. Il a rendu hommage à ses père, oncles et tante "qui furent, très jeunes, dès le début, en première ligne des combats de la Résistance" et à sa "mère, employée des P.T.T., qui éleva quatre enfants dans un petit HLM de la Cité Empalot-Daste à Toulouse".

"Plutôt que de l'émotion, c'est de la gravité dont je me sens imprégné", a-t-il ensuite déclaré à la presse. "Nous dirons ce que nous avons à dire", a-t-il aussi affirmé: "les problèmes sont graves, nous sommes une majorité de gauche et nous allons le montrer". "Il est clair que nous nous sommes opposés dans le passé au bouclier fical par exemple, il est clair que nous continuerons à nous opposer sur les grands projets de loi", a-t-il prévenu. "Nous ne serons pas un lieu d'obstruction", a-t-il néammoins ajouté.

Interrogé sur l'éventualité d'accorder la présidence d'une commission à l'opposition de droite, M. Bel a répondu: "je ne vous cache pas que cela a fait l'objet d'un débat au bureau national du PS, mais nous, nous sommes au Sénat". "Nous savons que les regards sont tournés vers nous, il y a un espoir qui se lève et il va falloir être à la hauteur", a dit le président du Sénat.

Un Ariégeois, deuxième personnage de l'Etat

Inconnu du grand public, Jean-Pierre Bel devient à 59 ans le 1er président socialiste du Sénat

"Lorsqu'on regarde les 17 présidents du Sénat, à peine un ou deux étaient véritablement connus. Je ne nourris donc aucun complexe", assure avec son accent chantant du Sud-Ouest celui qui dirige le groupe PS de la Haute Assemblée depuis 2004. "Je suis préparé. J'ai toujours essayé de faire le lien entre mon ancrage local et des responsabilités nationales", souligne l'artisan d'une victoire historique de la gauche lors du renouvellement sénatorial du 25 septembre.

Elu en 1983 maire de Mijanes, village haut perché des Pyrénées, il adhère le même jour au PS. En 1986, il rejoint le cabinet du conseil général de l'Ariège, alors présidé par son beau-père, Robert Naudi, personnalité socialiste locale. Mais c'est la rencontre la même année avec Lionel Jospin qui fait décoller sa carrière politique hors du département. "Cette rencontre a été fondamentale", explique-t-il.

Il gravit un à un les échelons du PS, d'abord dans la fédération de l'Ariège, puis dans la région Midi-Pyrénées. Il est ensuite promu secrétaire national aux fédérations (1994-1997), puis secrétaire national aux élections (1997-2000). Lors de la campagne présidentielle de 2007, il a élaboré le projet PS de réforme des institutions.

Sa carrière d'élu se poursuit parallèlement. Elu en 1992 conseiller régional, il ravit à la droite en 1998 le canton de Lavelanet et en septembre de la même année devient sénateur de l'Ariège.

Né le 30 décembre 1951, à Lavaur (Tarn), il est fortement imprégné de cette région du Sud-Ouest et de l'Espagne toute proche. Issu d'une famille ancrée à gauche, résistante et communiste, ses premiers engagements se font auprès des trotskistes dans des actions de solidarité avec les anti-franquistes. Passionné d'histoire, de cinéma et de musique latino-américaine, il vibre pour le rugby et le football, supporteur du Barça.

L'homme, mince et affable, présente une certaine ressemblance avec l'acteur américain Kevin Spacey. Très habile à la manoeuvre politique, il cultive son profil modeste, veillant à s'effacer derrière ses troupes pour recueillir le plus grand consensus. "Il laisse respirer le groupe", assure la sénatrice de Seine-et-Marne Nicole Bricq. "C'est un authentique homme de gauche, les critiques les plus dures à son égard viennent de son parti", assure le sénateur PRG, Yvon Collin.

Alors que Jean-Pierre Bel soutient François Hollande à la primaire, Martine Aubry l'a qualifié publiquement d'"opportuniste", avant de l'adouber en saluant sa victoire le 25 septembre au Sénat. "Contrairement à ce que dit Martine Aubry, je ne suis pas un arriviste. Je ne suis pas dans le microcosme parisien. J'ai toujours fait en sorte de ne pas l'être... Quand on ne joue pas des coudes pour être au milieu de la photo, on paraît un peu incongru", rétorque-t-il.

Ce montagnard, "au pas mesuré mais assuré", promet un "Sénat plus moderne, plus modeste, plus transparent". "Il est déjà dans la fonction, il va se révéler comme il est, c'est-à-dire travailleur", dit François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon, qui l'a fréquenté dans sa jeunesse.

Père de trois filles, deux d'un premier mariage et une d'une récente union avec une Cubaine, Jean-Pierre Bel entend "préserver son jardin secret". "La vie politique ne doit surtout pas être un sacerdoce. Je ne confonds pas la vie politique et mon bonheur personnel. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier simplement pour ma réussite politique", confie-t-il.

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