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Le spectre de la SNPE

L'entreprise voisine d'AZF est revenue au coeur des débats, de manière quelque peu inattendue.

Par Marie Martin

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AZF : la SNPE évoquée lors du procès en appel

Le procés en appel de l'usine AZF est entrée dans sa cinquième semaine d'audience. L'audition de Serge Bichelin a tourné au coup de théatre. L'ancien directeur du site a pointé du doigt la SNPE.... laissant entendre sa possible responsabilité dans la catastrophe.

C'est l'ancien directeur de l'usine AZF, Serge Biechlin, qui a jeté, mardi en fin de journée, ce pavé dans la mare.

Alors que la cour d'appel de Toulouse continuait d'examiner mardi les différentes perceptions de l'événement, l'audience a connu un "coup de théâtre", ainsi que l'a qualifié l'un des avocats des parties civiles, maître Alain Lévy.
En effet, après l'audition de plusieurs experts judiciaires et expert de la défense (en l'occurrence, l'acousticien anglais, Patrick Naylor), Serge Biechlin, invité à s'exprimer sur ce thème, s'est abandonné à quelques "confidences" inédites.
"Il me semble qu'il s'est passé un autre événement, précédant l'explosion au 221. Il semblerait que cette première explosion a eu lieu à l'est de l'usine, vers la SNPE. Je mets des bémols car c'est difficile de dire ça de manière aussi brutale. [...] Par contre, je suis incapable de dire si cet événement préalable a eu des conséquences directes sur le 221", a notamment déclaré l'ancien directeur de l'usine AZF, prévenu dans ce procès.
Avant d'évoquer une "rencontre", peu de temps après l'explosion, avec plusieurs dirigeants de la SNPE. Un témoin lui avait alors dit : "Il s'est passé quelque chose à la SNPE". Ces dirigeants, confrontés à ses questions, lui auraient dit : "Nous ne pouvons rien dire". Serge Biechlin ne croit pas en la complicité des 400 salariés de la SNPE, seulement dans un silence suspect de ses dirigeants, qui ne l'ont, dit-il, plus jamais salué après cela. Il qualifie cette rencontre de "détestable", même si "je ne suis pas en train de dire qu'il s'est passé quelque chose à la SNPE".
 
COUP DE THEÂTRE

Seulement voilà, ces déclarations, jamais entendues en première instance, ont produit suffisamment d'effet pour que maître Alain Lévy parle de "coup de théâtre".  Il [Serge Biechlin, NDLR] a des propos qui indiquent qu'on serait dans une situation de complot. On entend de graves accusations contre les dirigeants de la SNPE. Alors, moi, monsieur le Président, je vous demande, compte-tenu des accusations qui sont faites, et compte-tenu de vos pouvoirs, de faire en sorte de citer comme témoin le président directeur général de la SNPE".
La défense, elle, parle de "tarte à la crème", assurant qu'elle a toujours cherché à enquêter du côté de la SNPE, cette entreprise "étatique" dans laquelle "personne n'a pu rentrer" après l'explosion du hangar 221. Et où les conséquences de la catastrophe ont été importantes, à commencer par l'arrêt de la production du phosgène.
Les avocats des parties civiles, eux, n'ont pas manqué de rappeler aussi que la SNPE a conclu un accord avec Total sur les indemnisations, quelques jours avant l'ouverture du procès en première instance.

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